Articles Tagués ‘Jacquet’

1. « Out of Africa » vu du ciel.

2. Domenech va devoir l’écouter toute l’année 2010

3. Ce qu’Evra écoute toujours avant d’entrer dans un stade

4. La chanson des supporters

5. La chanson préférée de William Gallas

6. En hommage à Aimé

7. A écouter en boucle par Escalettes et toute la fédé…

8. Hommage à Roselyne et Rama, les femmes de la République du foot

9. En hommage à Thierry: « Salut l’artiste »

10. Ribéry, le meneur bien sûr

11. Sauve-nous Laurent…

Publicités

Au tour, ce matin, de parler des « attaquants ». Avant le traditionnel examen particulier de nos « attaquants » (post de demain), quelques mots en guise de préambule sur le poste en tant que tel.

Il faut toujours être très prudent quand on parle des attaquants. Comme « Mémé » Jacquet, « j’ai un immense respect pour les attaquants » (pour l’avoir été dans ma jeunesse et être incapable de le demeurer aujourd’hui…).

Etre un attaquant, c’est accepter d’être « sous les feux de la rampe ». Un rapide détour par le site Expressio nous apprend que cette expression a pour origine les chandelles posées dans l’avant-scène des théâtres des XVII et XVIIIe siècle pour mieux éclairer les visages et les corps des personnages. A partir du XXe siècle, cette expression prend un sens plus général pour désigner les personnes qui passent dans la « lumière de l’actualité, en général pour une courte période. Un attaquant, un buteur (qui est l’incarnation la plus forte de la figure de l’attaquant), cherche la lumière, le coup d’éclat, ou tout du moins l’action décisive. Et il a conscience que sa gloire est temporaire, qu’il lui suffit d’être « muet » trois matchs consécutifs pour être fortement critiqué. Plus que tout autre joueur, l’attaquant a conscience que son sort tient à un fil, un poteau rentrant ou sortant par exemple…

Quoi qu’on en dise, un match se gagne en marquant. C’est tout  bête, mais c’est tout de même vrai. Un « 9 » pense toujours que l’issue du match dépend en bonne partie de lui. En réalité, ce n’est pas tout à fait exact. Mais c’est ce que tout le monde retiendra. La dernière campagne de pub de Nike « Write the Future », extraordinaire, souligne bien cela. Ce spot, réalisé par Alejandro Gonzalez (à qui l’on doit les films « 21 grammes » et « Babel »), est basé sur l’idée que marquer ou rater un but peut changer votre vie. Evidemment, pas si votre carrière se résume aux Urban Foot du lundi soir…La « mort », symbolique, ou la vie…

Un récent bouquin rappelle justement comment Robert Rensenbrink, le fabuleux ailier gauche hollandais des années 70, est passé à quelques mètres de la gloire en finale de la Coupe du Monde 1978. En frappant le poteau dans les arrêts de jeu de la finale Hollande-Argentine, il rate l’occasion de mettre un terme à ce match et de devenir le héros de tout un peuple, lui l’homme qui a vécu dans l’ombre de Johan Cruijff (absent de ce Mundial argentin pour contester la dictature du général Videla). Ce but aurait changé sa vie …et lui aurait permis de gagner la Coupe du Monde et le Onze d’or….

Est-ce qu'à l'époque il y a avait déjà les petites vignettes de joueurs?

(cf. vidéo, à partir de 2’55)

Cela me pousse à mesurer les avis trop péremptoires sur l’attaque des Bleus. Certes, elle ne connaît pas la forme de sa vie. En tout cas, sur les derniers matchs. Dans leur club, la saison n’a pas été facile pour tous. Henry? Il a seulement joué 21 matchs cette saison en Liga et n’a marqué que 4 malheureux buts. Gignac? Après une brillante saison l’an dernier, il a connu une année très difficile. Anelka? Il n’est pas pour rien dans le sacre de Chelsea. Cissé? Il a encore prouvé qu’il avait un mental de champion et un vrai talent de buteur.

Mais les chiffres et la réalité d’une saison ne disent pas tout, et ne présagent pas forcément de ce qui se passera au Mondial. Petit rappel historique classique: en 1998, les deux « renards des surfaces » français, Stépahen Guivarch et David Trezeguet, ont inscrit, respectivement avec Auxerre et Monaco, 21 et 18 buts (1e et 2e meilleur buteur de Division 1 (ancêtre de L1). En coupe du monde: 1 but à eux deux… en 2002, l’EDF comptait dans ses rangs le meilleur buteur de France (Cissé), d’Angleterre (Henry) et d’Italie (Trezeguet). Résultat de ce trio de feu? Aucun but marqué en phase finale et une élimination honteuse au premier tour.

Conclusion: avant de sortir les fusils, attendons un peu. La vérité d’un jour n’est pas toujours celle du lendemain. Rappelons-nous de Paolo Rossi. Absent des terrains pendant deux ans à la suite d’une suspension (il s’était rendu coupable du trucage du résultat d’un match), il est convoqué à la surprise générale par le sélectionneur italien Enzo Bearzot. Il finira meilleur buteur de la compétition (6 buts), l’Italie sera championne du monde. Et en bonus le Ballon d’Or 1982. Rien ne dit que les malheureux de cette saison pleureront pendant ce Mondial africain. Un buteur ne meurt jamais…