Articles Tagués ‘Gérard Houllier’

Un soir de novembre, en 1993, Parc des Princes. Dans son jardin, le Parisien David Ginola commet l’irréparable: il rate son centre, dans la dernière minute du temps réglementaire, et voit son équipe encaisser un but qui la privera du Mondial américain. « Criminel »! « L »exil! ». Le beau gosse est la cible de l’opinion publique et des médias. « Faites entrer l’accusé » revient sur cette affaire avec Thomas Ngijol et le principal protagoniste. Une bombe!

http://www.dailymotion.com/video/xdrknh_ils-se-foot-du-monde-david-ginola_fun#from=embed?start=11

Aimé, Pascal Praud et ses lunettes à triple foyer, Vincent Alix, ils sont déjà là…

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Conclusion aujourd’hui de notre revue d’effectif. Après le petit préambule d’hier sur la particularité du poste d’attaquant, il est temps justement de s’attaquer à ceux qui composent l’équipe de France 2010…

Anelka: commencer par Anelka, c’est déjà pas anodin. Depuis 10 ans, la star de l’attaque française avait pour nom Thierry Henry. Aujourd’hui, le futur-ex Barcelonais n’est plus qu’un joker de luxe. En tout cas, depuis 3 matchs. L’occasion se présente (enfin) pour Nicolas Anelka de montrer qu’il mérite d’être le number 1.

Anelka, c’est un peu le Mylène Farmer du football. Un vrai talent, des fans inconditionnels et beaucoup d’autres dubitatifs, des comportements parfois étranges. Et j’oubliais quelques grandes sorties au Stade de France… Nico, comme Mylène, ne laisse pas d’étonner. Il n’est certes plus le joueur caractériel et hautain qui faisait la une des journaux parisiens et madrilènes. Mais on sent chez lui une forme de nonchalance, d’ennui même. Une réserve et un calcul dans ses efforts qui dénotent, comparés à l’investissement d’un Gignac ou d’un Cissé. Anelka, un gestionnaire du football…

Concernant son positionnement, j’ai des doutes. Non pas sur la qualité intrinsèque de ce joueur que Gérard Houllier présentait à la fin des années 1990 comme « le meilleur attaquant de sa génération ». Il faut se souvenir qu’après son doublé à Wembley en 1999, la presse et les spécialistes voyaient en « Nico » l’avant-centre que la France attendait depuis le déclin de Jean-Pierre Papin (PS: parce que Nicolas Anelka doit beaucoup à Mr Arsène, petite dédicace):

Anelka, le nouveau JPP (en plus rapide…)

Les débuts d’Anelka au PSG (lien)

Voilà ce qu’on pouvait lire ce matin dans Libération, sous la plume de Grégory Schneider:

Sur l’île de la Réunion, lors d’un entraînement public, Anelka s’est présenté seul devant Cédric Carrasso (…). L’attaquant n’a même pas eu à frapper: une feinte de corps et le portier bordelais est parti sur sa droite, laissant le ballon rouler lentement dans son but. (…) Anelka a souri. Cette feinte-là était le témoignage d’une classe gigantesque.

Rien à dire, c’est un crack. Mais un crack qui n’aime pas s’ennuyer. C’est sous cette angle qu’il me semble judicieux d’analyser ses derniers matchs avec le maillot bleu. Avec le repositionnement de Gourcuff plus bas, seul Ribéry est en situation d’alimenter régulièrement Anelka en ballons intéressants près du but (Govou ayant été transparent sur le plan offensif). Or le Bavarois a systématiquement cherché l’incursion individuelle, l’accélération en solo, tête baissée. Dès lors, le  n°39, agacé et n’aimant rien moins que patienter (son premier départ du PSG en était déjà le signe énonciateur…), décide de revenir chercher le ballon plus bas et prive les Bleus de toute profondeur.

A 17 ans, j’ai quitté ma province…

3 options sur la table:

1) Remplacer Anelka par Henry (dont l’entente technique avec Ribéry est bonne) ou par Gignac

2) Replacer Ribéry à droite et faire monter Malouda: celui-ci connaît bien les attentes de son partenaire à Chelsea et cherchera plus rapidement à le trouver dans l’intervalle.

3) Ne rien bouger, et prier…

Ribéry: C’est la grande interrogation. Va-t-il se mettre au diapason de ses partenaires? Va-t-il chercher au contraire à se mettre en avant, pour faire oublier ses derniers soucis, quitte à faire les mauvais choix? On verra bien. Mais ce qui est certain, c’est que Francky, compte tenu de sa saison en demi-teinte, a suffisamment d’essence dans le moteur pour enflammer cette Coupe du Monde.

Le choix de Domenech de placer l’ancien Marseillais « ailier gauche », qui était, ne l’oublions pas trop vite, la place réservée à Henry depuis des mois, était un signe fort envoyé au joueur: désormais, la star c’est toi. Prends les clés de cette équipe et amène nous  au bout du monde (Domenech aime beaucoup le théâtre…). Une vraie preuve de reconnaissance pour l’enfant de Boulogne-sur-Mer renvoyé du centre de formation de Lens à l’âge de 16 ans.

Me revient à l’esprit un article lu dans Libération il y a moins d’un an maintenant (je fais une pub incroyable à G. Schneider!!!), dans une période où les Bleus étaient en passe d’être éliminés et où Ribéry et Henry se battaient pour cette fameuse place à gauche. Après un match, Ribéry déclare devant les journalistes (je cite de mémoire): « On a réussi une belle prestation, on a été chercher la victoire. Titi a fait un bon match ». En clair: c’est désormais Ribéry qui met les bons et les mauvais points. Jamais jusqu’ici, un joueur ne s’était permis d’évaluer publiquement la performance du meilleur buteur français de l’histoire. Avec du recul, c’est sûrement de ce moment qu’il faut dater le début de la fin de « l’ère Henry », désormais plus intouchable.

Passage de pouvoir

J’imagine deux scénarios possibles pour Ribéry:
1) Soit il prouve qu’il est indispensable à gauche dès le match contre l’Uruguay et étouffe toutes les critiques sur le déséquilibre du jeu de l’équipe de France.

2)Soit se reproduit le schéma constaté lors des matchs de préparation et dans ce cas-là Ribéry rejoindrait l’UMP (la droite quoi…)

Cette deuxième option me semble d’autant moins improbable que « Raymond la provoc » a laissé entrevoir quelques signes « d’autorité » ces dernières semaines, soulignant sa volonté d’imposer sa vision des choses, quel qu’en soit le prix à payer. Mourir avec ses idées (enfin si on en a…).

Govou: C’est l’histoire d’un joueur qui a toujours été à un pas de la gloire, sans jamais véritablement l’atteindre.

Etape 1: Sydney the Kid! Après un doublé merveilleux contre le Bayern Munich en mars 2001, on se dit que ce petit-là va pas faire de vieux os sur les bords du Rhône.

(Vous avez droit au plus beau).

Mai 2010: Govou est encore obligé de passer ses soirées arrosées au Macumba Gerland. Triste…

2e étape: France-Italie. Nouveau doublé magnifique contre l’Italie cette fois. Manque de pot, il nous le plante en septembre, pour les qualif, et pas en juillet, pour la finale…

(A partir d’1 minute. Dédicace au regretté Thierry Gilardi).

3 étape: Juin 2010. Govou est titulaire dans le « 11 » qui prépare la Coupe du Monde. Mais alors que se présente l’occasion, la dernière probablement, d’exploser sur le plan international, Sydney sort trois matchs quelconques et se voit même concurrencer par Valbuena. « Petit vélo » qui n’a jamais joué jusqu’ici en équipe de France…

Je ne veux toutefois pas l’enterrer trop vite et ne pas lui reconnaître certaines qualités. Govou est un combattant et un travailleur. Aucune chance de le voir passif si son équipe est mené au score (à la différence d’un Anelka par exemple). C’est paraît-il , en outre, un chic type et un coéquipier agréable. So what? Peut-être que, dans les matchs tendus qui s’annoncent contre l’Uruguay ou le Mexique, un Sydney des grands soirs pourrait servir…