Articles Tagués ‘France-Mexique’

1. « Out of Africa » vu du ciel.

2. Domenech va devoir l’écouter toute l’année 2010

3. Ce qu’Evra écoute toujours avant d’entrer dans un stade

4. La chanson des supporters

5. La chanson préférée de William Gallas

6. En hommage à Aimé

7. A écouter en boucle par Escalettes et toute la fédé…

8. Hommage à Roselyne et Rama, les femmes de la République du foot

9. En hommage à Thierry: « Salut l’artiste »

10. Ribéry, le meneur bien sûr

11. Sauve-nous Laurent…

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Quelques uns ont pleuré (à commencer par notre cher Aimé), beaucoup ont gueulé (RMC mon amour), et la grande majorité a répété qu’elle le savait… Oui, la France est bientôt éliminée et risque en plus de finir avec autant de point que la Nouvelle Zélande. Dans la légende.

« Victory has a thousand fathers; defeat is an orphan ». JFK. Bon, pour ceux qui ont perdu l’adresse de leur prof d’anglais, je traduis: « La victoire a cent pères; la défaite est orpheline ». Domenech doit se sentir bien seul depuis hier soir (et puis Estelle est loin, bloquée entre Luce et Alain Manoukian…). Toute la France est contre lui. La sagesse talmudique dit que lorsqu’un homme est condamné par l’ensemble des jurés, le verdict n’est pas valable. Pourquoi? Eh bien parce qu’une certaine représentation de la situation a aveuglé l’assemblée. Domenech a merdé, c’est clair. Domenech aurait dû être viré depuis 2008, pas de doute. Mais est-il le seul coupable? Sauf à considérer que Raymond a désormais une petite barbe, les cheveux rasés et porte le numéro 21, non…

Je voudrais mettre en avant 3 points qui m’apparaissent centraux dans l’analyse de cette déchéance:

1) Entre arrogance et indolence

Les Français se sont vus trop forts, trop hauts, trop vite. Rappelez-vous du mois de décembre, avec son froid polaire et son Ballon de plomb attribué à Mateja Kezman. Lorsque Charlize Theron, toute de rouge vêtue (la couleur du sang de la vindicte populaire?), tire comme adversaires de la France au 1e tour l’Uruguay, le Mexique et l’Afrique du Sud, tout le monde s’est mis à imaginer le scénario suivant:

« Bon on finit premier, facile. Ca nous permet d’éviter l’Argentine en 8e finale et d’affronter l’Angleterre en 1/4. Oh la la! France-Angleterre! La revanche de l’Euro 2004, mais cette fois-ci sans Zidane. L’affrontement Ribéry VS Rooney, comme dans la pub Nike! Etc… »

En clair, l’Uruguay est une équipe de catcheurs depuis leur dernier succès en 1950. Certes Forlan est pas mal, mais bon, c’est pas non plus Drogba. Quant au Mexique…Le Mexique? Non rien, rien à dire sur le Mexique. Ah si, y a toujours le type qui fait le truc du crapaud (Blanco)? Sympa les Mexicains, les tapas, les tapas…Les rares doutes émis concernaient l’Af Sud qui, en tant que pays organisateur, pouvait nous poser des problèmes. Résultat: 0-0 contre l’Uruguay, 2-0 contre le Mexique et un mince espoir de mettre 4-0 aux Bafanas Bafanas pour espérer se qualifier. Bon, faut réserver les billets retours…

Au vu de la prestation de certains joueurs, on se dit que ce départ par la petite porte ne manquera pas aux amateurs de football. Comment peut-on imaginer qu’un joueur ne court pas pendant un match de Coupe du monde alors que son équipe risque l’élimination? Si un footballeur professionnel s’ennuie alors que le monde l’envie, quand pourra-t-il s’épanouir? Dans un match de Coupe de la Ligue???

Dans quelle autre équipe a-t-on vu aussi peu de solidarité? Me revient à l’esprit ce magnifique propos de Mickael Landreau, il y a quelques semaines dans Libération. Voilà ce qu’il dit de son ancien coéquipier à Nantes, l’Argentin Nestor Fabbri:

Il avait ce… ce truc, cet esprit de sacrifice qui vous poussait à faire le maximum pour effacer une erreur éventuelle de sa part. C’est le foot : si je ne prends pas ce but-là, j’efface l’erreur du défenseur. Le collectif qui protège l’individu à une époque où tout le monde se protège en rejetant la faute sur le voisin.

Nestor

Revoyez  les deux buts mexicains. Abidal se plante deux fois mais observez bien ce qui se passe autour de lui. Moi je n’ai vu que des ambulances (Gallas puis Evra) s’arrêter pour contempler le crash…Pas étonnant dès lors qu’un joueur comme Gourcuff, symbole d’un football différent, soit resté sur le banc. Il n’avait pas sa place dans une telle équipe.

2)Insuffisances tactiques

Le débat sur le 4-3-3 et le 4-2-3-1 a fini par me lasser. D’une part, parce qu’il est vain, la plupart des coachs s’accordant pour dire que l’alignement tactique compte moins que l’animation. D’autre part, en raison de l’incroyable capacité des commentateurs à détruire ce qu’ils se sont efforcés de bâtir la veille, et inversement. Combien de fois a-t-on entendu des « spécialistes » comme Christophe Dugarry ou Bixente Lizarazu proclamer, sur tous les plateaux radio et télé, que l’avenir était au 4-3-3? Quelques semaines plus tard, on entend les mêmes expliquer tout aussi doctement que le 4-3-3 est une mauvaise option et que cette équipe doit jouer en 4-2-3-1…

Juste un mot sur Domenech. Voilà ce que disait Gourcuff après le premier match contre l’Uruguay (cité par Libération):

« On s’attendait à un gros pressing. Mais les Sud-Américains nous ont attendus. On n’était pas forcément préparé à ça ».

Traduction: Domenech s’est planté.

Qu’a-t-on vu hier en défense? Deux défenseurs axiaux jouaient très haut (cf. cette animation très parlante), en dépit, d’une part, de la lenteur de l’un d’entre eux (Gallas) et, d’autre part, de la rapidité supersonique des attaquants mexicains. Encaisser deux buts de la sorte n’est pas à cette aune tout à fait illogique.
Conclusion 2: Domenech n’a plus (pas) d’idée sur le plan tactique et ne mérite plus sa place. Bon, en même temps, ça fait quelque temps qu’on s’en doutait un peu…

3) Une mauvaise préparation des corps?

Enfin, dernier  élément à prendre en considération dans cet échec, la préparation physique. Il y a deux jours, l’Equipe publiait un petit papier tout à fait instructif sur les méthodes de Robert Duverne. On y apprenait notamment que le programme avait consacré une large place à l’aérobie, soit le travail permettant aux organismes de répéter les efforts dans le temps. Voilà ce que déclare Eric Blahic, préparateur physique de Guingamp (Remember Sthéphane Carnot) et proche de Duverne:

« C’est la façon de travailler de Robert. (…) Il a d’abord insisté beaucoup sur l’aérobie lors de la préparation, afin que l’équipe soit en pleine possession de ses moyens lors du deuxième tour. C’était déjà le cas en 2006″.

Déjà la tête au tour suivant. Est-ce blâmable? Pas forcément. De manière générale, une grande nation (comme est censée l’être la France) doit au moins viser une place en quart. Il lui faut donc économiser ses forces contre les équipes « faibles » pour mieux se préserver. Mais il n’est pas certain que ce choix ait été la meilleure option pour cette France 2010 où les présumés titulaires étaient des joueurs soit usés (Gallas, Henry, Govou) soit en manque de confiance (Ribéry, Gourcuff). Tous ont semblé n’être pas en mesure de répondre physiquement présents au rendez-vous du premier tour. Tous ont semblé manqué de souffle. Et d’inspiration.

Aujourd’hui, 18 juin 2010, jour de l’appel. A un sauveur. Le général Blanc?

A suivre, l’analyse du match…