Articles Tagués ‘Domenech’

Initiative très sympathique du blog Coupfranc. Conscient de la relative médiocrité des commentaires sportifs sur TF1, ce blog a eu l’audacieuse idée d’animer nos soirées de footeux, en créant le « Bingo Larqué ». Le principe est simple et bien connu de tous ceux qui ont eu la chance (ou la malchance) de faire des colos et des clubs vacances avec ses soirées mémorables…. A la place des numéros, les expressions favorites de notre Philippe Risoli du football: « le café-crème » (une valeur sûre), « Allez, comme elle vient! » ou encore « Vous Bixente au Bayern… ». Un régal!

La grille du Bingo Larqué vous attend ici….

Jean-Mimi au PSG

Je vous renvoie vers un article assez bien foutu sur les « éditocrates » de la planète football: de Ménès à Riolo en passant par Dugarry (c’est moi qui l’ajoute…).

Ménes, Riollo, Dugarry, c’est par là…

Michaël Vendetta

L’une des images les plus tristes du match France-Afrique du Sud restera probablement celle laissée par Thierry Henry. Lui, la seule vrai star de cette sélection, meilleur buteur français de l’histoire, devant des géants comme Platini ou Papin, terminant sa carrière internationale tel un vulgaire joueur moyen. Bien finir sa carrière n’est pas toujours tâche aisée. Beaucoup se sont cassés les dents en voulant faire abstraction de leur âge et de leur nouvelle condition physique. Par fierté, par volonté de prolonger jusqu’au bout cette vie de footballeur. Pensons aux Desailly, Thuram, Sagnol qui, après avoir été d’énormes champions, ont fait la compétition de trop (Euro 2004 et 2008). Souvent interviennent aussi des considérations plus « politiques »: ainsi Domenech décide de sélectionner ces deux derniers joueurs pour l’Euro 2008, en sachant pertinemment qu’ils ne seront pas compétitifs. La raison? Eviter de se mettre à dos des cadres de l’Equipe de France et solder une bonne fois pour toute le compte de cette génération dorée. Quelques rares autres ont réussi à mettre fin à leur carrière internationale à leur meilleur niveau: Michel Platini (qui participera certes à une partie de la phase qualificative à l’Euro 88), Zinédine Zidane, Frédéric Née (bon c’est vrai qu’en même temps il ne compte qu’une seule sélection….).

Thierry Henry part et s’achève avec lui le règne de la génération 98: désormais, l’équipe de France ne comptera plus en son sein de champion du monde, sinon au poste de sélectionneur. Au regard des événements ravageurs qui ont secoué le football français ces quinze derniers jours, on se demande quelle a pu être la place du futur-ex Barcelonais. On imagine assez mal que « Titi » ait pu soutenir les frondeurs ce week-end, que lui, le joueur expérimenté et plutôt intelligent, ait pu omettre d’évaluer les terribles conséquences de cette mutinerie. Il me semble en fait qu’Henry n’avait plus les moyens, le pouvoir de faire quelque chose. Il faut toujours l’avoir en tête, la légitimité d’un footballeur se gagne et se perd sur le terrain. Vous pouvez avoir un palmarès long comme celui de Deschamps, votre influence finira inéluctablement par suivre le chemin de votre déclin (d’ailleurs l’exemple de Deschamps, un peu contesté à l’Euro 2000, l’atteste assez bien).

En faisant de Thierry Henry le quatrième attaquant de cette équipe de France (derrière Anelka, Cissé et Gignac), Domenech s’est privé d’un joueur capable de remettre ses coéquipiers sur le droit chemin. Le choix de Ray D. était justifié sur le plan sportif, compte tenu des performances de l’ancien Gunner cette saison. Mais privé du capitanat et du terrain, Thierry Henry devenait du même coup privé d’une véritable autorité sur l’équipe.  Affaibli, il ne pouvait plus, lui qui a toujours soutenu le sélectionneur, s’opposer aux nouveaux patrons (Evra, Gallas, Ribéry). Triste destin…

A l’heure de la retraite, retenons simplement, nous pour qui la performance du jour n’est pas forcément tout ce qui compte lorsqu’on a affaire à un énorme champion, qu’Heny nous a fait rêver. Quelques cadeaux pour ceux qui l’ont oublié.

Le spectacle d’hier nous a fait mal. Bien sûr, on n’attendait plus grand chose de cette équipe qui aura sombré corps et âme dans cette Coupe du Monde, naufrage inégalé  dans l’histoire des grandes nations de football (Brésil, Allemagne, Argentine, Italie, etc.). La composition d’équipe avait réussi à éveiller en nous quelques espoirs d’un sursaut venu des tripes, espoirs que l’on savait en même temps vains. Avec Squilacci, Diarra, Cissé, Gignac dans le 11, on ne tenait pas une brochette de Brésiliens à l’horizon, plutôt des joueurs connus pour leur mental solide et leur abnégation sur un terrain. Et au regard de la véritable dépression qui a frappé la maison bleue ces derniers jours, un tel choix ne semblait pas illogique.

Cela n’a pas suffi. Les Bleus ont encore perdu, à la suite d’une performance anémique, sans souffle, sans jambes, sans rien… Les 25 minutes qui ont séparé le premier but sud-africain (Khumalo, 20′) de la mi-temps ont semblé durer des heures pour les Bleus. 1-0, expulsion de Gourcuff (25′), 2e but sud-africain (Mphela, 37e), sauvetage de Lloris (41′): l’équipe de France s’est noyée, dans des eaux si profondes qu’on pensa que la France quitterait la Coupe du monde 2010 sur une terrible humiliation. Depuis notre écran, on a vu ces joueurs complètement paralysés par l’incroyable scénario dont, après avoir été les acteurs, ils  devenaient les victimes impuissantes. Le deuxième but caractérise bien ce qui a manqué hier pendant cette première mi-temps, terrible: le porteur du ballon a systématiquement devant lui deux mètres au moins avant de croiser un adversaire français. Tout le temps de lever la tête, d’éliminer, de centrer, de marquer. Pas de pressing, pas de marquage, pas d’impact physique. Les Bleus ont lâché prise hier devant les caméras du monde entier.

L’Equipe titrait ce matin sur « La fin d’un monde ». « La fin du siècle » aurait fait aussi un bon titre. La fin du siècle? Oui, celui qui se poursuivait depuis notre double victoire 1998-2000. La France du foot vit depuis cette date sur un nuage, celui de la supériorité de sa sélection. Champions du monde, nous avons été, champions du monde nous resterons, même sans gagner de titres… Et la finale de 2006? Oui justement la « finale » de 2006, pas le titre!!! 2002, 2004, 2008, 2010, quatre dates (Coupes du monde, Euros) qui nous appellent à l’humilité. En 2002, un nul, deux défaites: ONE POINT. Comme  à l’Eurovision… En 2004, la France est sortie en quarts par la Grèce, future championne d’Europe, mais qu’on peut difficilement considérer comme une grande équipe. 2008: un nul, deux défaites: ONE POINT. Comme toujours à l’Eurovision. 2010: ONE POINT. Conclusion: la France n’est plus une grande équipe.

Nous vivons précisément ce qu’a vécu la génération post-Platini. Deux fois demi-finaliste de la Coupe du Monde (1982 et 1986), championne d’Europe (1984), la France a eu beaucoup de mal à poursuivre son ascension, désormais délestée de « Platoche », « Gigi », « Luis » et consorts. Résultats? Pas qualifiés pour l’Euro 88 et la Coupe du Monde 1990, les Bleus sont sortis au premier tour de l’Euro 92. Avant que Kostadinov n’empêche Papin et Cantona de déboucher les bouteilles de champagnes qui les attendaient dans les vestiaires pour fêter une qualification pour la « Word Cup 94 » qui n’arrivera jamais. Il faudra tout le travail et la patience d’Aimé Jacquet et de son staff pour que les Bleus réapprennent à gagner.

France 82

Déjà Liza...

A Laurent Blanc maintenant d’analyser la déroute, d’en tirer les bonnes conclusions, de permettre aux talents de s’exprimer (à commencer par Yoann Gourcuff). Lourde tâche que d’être vu comme un Sauveur…

1. « Out of Africa » vu du ciel.

2. Domenech va devoir l’écouter toute l’année 2010

3. Ce qu’Evra écoute toujours avant d’entrer dans un stade

4. La chanson des supporters

5. La chanson préférée de William Gallas

6. En hommage à Aimé

7. A écouter en boucle par Escalettes et toute la fédé…

8. Hommage à Roselyne et Rama, les femmes de la République du foot

9. En hommage à Thierry: « Salut l’artiste »

10. Ribéry, le meneur bien sûr

11. Sauve-nous Laurent…

Un sentiment bizarre a traversé les supporters des Bleus ce week-end: comment Domenech, entraîneur décrédibilisé par ses propres joueurs, insulté, méprisé, pouvait-il, d’une part, ne pas demander de sanction contre Nicolas Anelka (il changera d’avis à partir de lundi) et, d’autre part, accepter de lire le communiqué des joueurs, texte outrageant tant pour l’autorité de la FFF que pour la sienne propre?

Ce matin, on a trouvé la réponse, grâce au Monde et à l’INA (Institut national de l’Audiovisuel): Domenech joueur et capitaine de l’Olympique lyonnais, dirigé alors par un certain Aimé Jacquet, a déjà été à l’origine non pas d’un « refus de s’entraîner »mais, pire, d’un « refus de joueur » tout court (contre le FC Nantes). La preuve en vidéo sur ce lien:

Domenech sèche un match!

NB: La vidéo date du 1e avril 1977… Un sacré bout-en-train, ce Raymond!

Le Yoann Gourcuff de l'époque

On aimerait parler de foot ce matin. On prendrait plaisir à prévoir devant vous les choix tactiques des uns et des autres, à imaginer que Cissé ou Valbuena pourraient avoir leur chance. A se demander si Carlos Alberto Parreira a décidé de faire prendre des risques à son équipe pour le dernier match du pays organisateur. Mais ce matin, 4-2-2 ou 4-3-3, peu importe. On s’en fout.

Je me demande ce que pense l’enfant de 10 ans devant son téléviseur aujourd’hui. Je me remémore mes propres souvenirs du Rose Bowl Stadium, de la réalisation très spéciale des matchs diffusés, des soirées passées avec mon petit frère à imiter Romario et Bebeto et à faire des fiches en découpant l’Equipe. Ces « lieux de mémoire » sont éternels dans l’esprit des amoureux du football, qu’ils vous ramènent à la Suède en 1958, à l’Argentine de Videla, ou à la France de Deschamps et Chirac. De cette édition 2010, que restera-t-il dans le coeur des supporters tricolores? Des insultes, des tensions, des ingérences, Rama Yade et Roselyne Bachelot. Une faillite.

On ne parle plus de foot depuis 3 jours en France. On parle « racaille », « voyou », de joueurs étouffés par l’arrogance et les billets de 500 euros. Le débat se communautarise, se polarise sur les prétendues tensions ethniques sur lesquelles reposerait la faillite du paquebot bleu. Les « Blacks » & « Rebeu » (Anelka, Ribéry, Gallas, Abidal, Evra, etc.) empêcheraient les « Blancs » de s’exprimer (Gourcuff, Toulalan, Lloris). C’est simplement faux. Ceux qui suivent au plus près cette équipe (je pense notamment à G. Schneider) répètent inlassablement que tout ceci n’a rien à voir. Mais bon certains appliquent une même grille de lecture sur tous les événements, y compris footballistiques. Ca rend la vie plus simple… Les quelques meneurs de la fronde ont juste pété un câble, oublié qu’ils étaient en train de détruire tout ce dont ils rêvent depuis leur plus jeûne âge. Ils ont eu un comportement déplorable, honteux. Mais la couleur et l’ethnie n’ont rien à voir avec tout ça. Seuls la suffisance, l’arrogance et le culte de l’argent ont enfanté cette faillite. En Gallas ou Ribéry, ce n’est pas la couleur ou la religion qui parle, c’est la petitesse d’esprit. C’est tout.

On condamne, notamment en pensant au modèle donné aux enfants. Bien que j’ai moi-même évoqué ce dernier point plus haut, je suis mal à l’aise en écoutant cet argument moralisateur. Les enfants font des rêves grâce (notamment) aux footballeurs, mais les footballeurs ne sont pas et ne doivent pas être des exemples. Ils jouent très bien à un sport, point barre. Ils ne sont ni éducateurs, ni enseignants, ni maîtres spirituels de la « communauté » des supporters!  On est en droit d’être très déçus par les performances et le comportement de la sélection française. Même si l’on concède que les joueurs sont des modèles pour les enfants, ce n’est qu’en vertu de leurs performances sur le terrain: on essaie de refaire la virgule de Ronaldinho, de frapper comme Ronaldo, de tacler comme Abidal… (Ah non, pas vous?). Personne ne veut s’habiller comme Djibril Cissé ou épouser Wahiba…

Un dernier mot: si l’on devait garder un modèle dans le football, il ne pourrait être que lui: Aimé Jacquet. L’amour du foot et le respect sont des mots que l’on retrouve toujours chez cet homme. Alors, peu importe le score de cette après-midi, peu importe la composition des deux équipes, la qualification flamboyante ou l’élimination honteuse. Tout ce qui compte, c’est qu’on ne retrouve pas Aimé les larmes aux yeux après le match…

Une pensée pour Aimé

Bande d’aveugles que nous sommes! Des mois que nos esprits se déchaînent pour conspuer ces Tricolores perçus comme comme trop arrogants et inefficaces. Ignorants! Depuis ce week-end, une équipe-type s’est dessinée devant le regard médusé du monde entier.

1. Robert Duverne: Forcément. Une prise de sifflet très sûre. Une relance à la main digne des plus grands. Aime beaucoup parler avec ses mains (grazie a ses « racines italiennes »). Lloris peut trembler!

2. Raymond Domenech: Son poste de prédilection. Forcément derrière. Le bus…

3. Jean-Pierre Escalettes: Gauche.

4. Marc Planus: La grosse surprise en défense. On le connaissait calme et posé. On le découvre ce week-end revendicatif et hargneux. Pas sûr que ça plaise à Lolo…

5. William Gallas: Quand il s’agit de défendre son pote « Nico », Will est le meilleur. Quand il s’agit de défendre contre Forlan ou Vela, Will préfère se mettre sur répondeur.

6. Jean-Louis Valentin: L’espoir de cette Coupe du Monde 2010. Va au charbon, prend des risques, envoie tout valser lorsqu’on lui prend la tête. Mourinho est sur le coup.

7. Yoann Gourcuff: Cette équipe a besoin d’un bizut. Et Yoann, premier de la classe poli et beau, est parfait dans ce rôle de milieu qui ne (se) défend pas.

8. et 10. Patrice Evra et Franck Ribéry: Innovation tactique: la France joue désormais avec deux meneurs, façon Baup 1999 (Bernarbia-Micoud) ou Don Vito Corleone (Michael et « Sonny »). A la manoeuvre sur et en dehors du terrain. N’hésitent pas à pleurer pour séduire dans les chaumières. Des artistes.

9. David Astorga: Gerd Müller. Un vrai chasseur (d’infos). Après 6 saisons en amateur (questions à la con et sourires en coin), le Barack Obama de TF1 nous a montré dimanche matin qu’il savait saisir toutes les occasions. Christian Jeanpierre, prends garde à toi! (PS: je précise que Barack Astorga est né à Saint-Mandé).

11. Thierry Henry: Il faut bien qu’il joue quelque part, merde! Y a vraiment plus de respect…

Attention toutefois, le match France- Afrique du Sud est prévu à 16 heures, un horaire où, nous le savons désormais, tout est possible avec les Bleus…

Son souvenir nous hante, détermine nos jugements. « Les Yeux dans les bleus », impressionnant documentaire sur la vie de l’équipe de France pendant la Coupe du Monde 1998, a changé notre regard sur les joueurs tricolores et sur le football en général. Qu’y voyait-on? De l’amitié, de la fraternité même à certains moments. Une folle envie de gagner ENSEMBLE, que sa place soit sur la pelouse ou sur le banc, près de Philippe Bergeroo. Et puis du respect. Une scène seulement: Laurent Blanc (coïncidence?) demande avec politesse à Aimé Jacquet de lui signer des posters pour ses proches et lui rapporte que ses coéquipiers ont « imité la signature du coach » de peur de le déranger…Tout était beau, parfait, exemplaire.

Bisounours

Et si tout cela n’était qu’une imposture? Et si on acceptait enfin de juger « Les yeux dans les Bleus » comme un film, avec ce que cela s’implique comme montage et scénarisation? Et si on acceptait enfin de ne plus croire aux Bisournours triclolores? Si la France a remporté la Coupe du Monde il y a 12 ans, ce n’est pas parce que les joueurs s’aimaient (pensons simplement aux tensions entre Barthez et Lama, que le réalisateur Stéphane Meunier omet d’évoquer) mais parce qu’ils étaient bien préparés, bien managés, bien encadrés par des leaders sur le terrain incontestables (Deschamps, Blanc)…et parce qu’ils ont eu la chance dont bénéficient toujours les champions (but en or contre Paraguay, séance de tirs aux buts favorable contre l’Italie, incroyable doublé de Thuram contre la Croatie, malaise de Ronaldo en finale).

Il y a quelques semaines, Vikash Dhorasoo expliquait qu’en quinze ans de carrière, dont 2 mois pendant l’été 2006 (à la Coupe du monde), il n’avait jamais vu de scènes similaires à celles des « yeux dans les Bleus ». Le football professionnel, ajoutait-il, c’est de la compétition contre d’autres équipes bien sûr, mais aussi contre son partenaire pour garder ou conquérir une place de titulaire. Tout le monde a l’air heureux dans les yeux dans les Bleus, de Thuram à Dugarry, en passant par le magasinier. Comme dans les Bisounours…Révéillons-nous, ce n’était qu’un rêve, très bien conçu il est vrai…

Un dernier mot sur ce week-end cataclysmique: c’est une honte. Juste une honte. Ces joueurs ne s’aiment pas? Pas grave et surtout fréquent. En 1982, après le premier match de la Coupe de Monde Angleterre-France (3-1), Michel Platini et ses sbires réussissent à convaincre Michel Hidalgo d’avoir la peau de Jean-François Larios. Les complots en équipe de France, une belle coutume.

Jean-François Larios

Non, ce qui nous révulse, c’est la manière incroyablement arrogante avec laquelle ces joueurs portent le maillot tricolore. Ils se pensent seuls, ou tout du moins considèrent le public comme un élément tout à fait négligeable. Cette équipe de France ne joue pas pour la France, c’est tout. Et  c’est suffisant pour réussir à se mettre à dos un pays tout entier. Demain, il faudra reconstruire. Mais cette fois-ci, nous ne ferons pas notre route avec l’idée, si réjouissante et si naïve à la fois, que le foot est toujours, au plus haut niveau, une affaire de potes…

Quelques uns ont pleuré (à commencer par notre cher Aimé), beaucoup ont gueulé (RMC mon amour), et la grande majorité a répété qu’elle le savait… Oui, la France est bientôt éliminée et risque en plus de finir avec autant de point que la Nouvelle Zélande. Dans la légende.

« Victory has a thousand fathers; defeat is an orphan ». JFK. Bon, pour ceux qui ont perdu l’adresse de leur prof d’anglais, je traduis: « La victoire a cent pères; la défaite est orpheline ». Domenech doit se sentir bien seul depuis hier soir (et puis Estelle est loin, bloquée entre Luce et Alain Manoukian…). Toute la France est contre lui. La sagesse talmudique dit que lorsqu’un homme est condamné par l’ensemble des jurés, le verdict n’est pas valable. Pourquoi? Eh bien parce qu’une certaine représentation de la situation a aveuglé l’assemblée. Domenech a merdé, c’est clair. Domenech aurait dû être viré depuis 2008, pas de doute. Mais est-il le seul coupable? Sauf à considérer que Raymond a désormais une petite barbe, les cheveux rasés et porte le numéro 21, non…

Je voudrais mettre en avant 3 points qui m’apparaissent centraux dans l’analyse de cette déchéance:

1) Entre arrogance et indolence

Les Français se sont vus trop forts, trop hauts, trop vite. Rappelez-vous du mois de décembre, avec son froid polaire et son Ballon de plomb attribué à Mateja Kezman. Lorsque Charlize Theron, toute de rouge vêtue (la couleur du sang de la vindicte populaire?), tire comme adversaires de la France au 1e tour l’Uruguay, le Mexique et l’Afrique du Sud, tout le monde s’est mis à imaginer le scénario suivant:

« Bon on finit premier, facile. Ca nous permet d’éviter l’Argentine en 8e finale et d’affronter l’Angleterre en 1/4. Oh la la! France-Angleterre! La revanche de l’Euro 2004, mais cette fois-ci sans Zidane. L’affrontement Ribéry VS Rooney, comme dans la pub Nike! Etc… »

En clair, l’Uruguay est une équipe de catcheurs depuis leur dernier succès en 1950. Certes Forlan est pas mal, mais bon, c’est pas non plus Drogba. Quant au Mexique…Le Mexique? Non rien, rien à dire sur le Mexique. Ah si, y a toujours le type qui fait le truc du crapaud (Blanco)? Sympa les Mexicains, les tapas, les tapas…Les rares doutes émis concernaient l’Af Sud qui, en tant que pays organisateur, pouvait nous poser des problèmes. Résultat: 0-0 contre l’Uruguay, 2-0 contre le Mexique et un mince espoir de mettre 4-0 aux Bafanas Bafanas pour espérer se qualifier. Bon, faut réserver les billets retours…

Au vu de la prestation de certains joueurs, on se dit que ce départ par la petite porte ne manquera pas aux amateurs de football. Comment peut-on imaginer qu’un joueur ne court pas pendant un match de Coupe du monde alors que son équipe risque l’élimination? Si un footballeur professionnel s’ennuie alors que le monde l’envie, quand pourra-t-il s’épanouir? Dans un match de Coupe de la Ligue???

Dans quelle autre équipe a-t-on vu aussi peu de solidarité? Me revient à l’esprit ce magnifique propos de Mickael Landreau, il y a quelques semaines dans Libération. Voilà ce qu’il dit de son ancien coéquipier à Nantes, l’Argentin Nestor Fabbri:

Il avait ce… ce truc, cet esprit de sacrifice qui vous poussait à faire le maximum pour effacer une erreur éventuelle de sa part. C’est le foot : si je ne prends pas ce but-là, j’efface l’erreur du défenseur. Le collectif qui protège l’individu à une époque où tout le monde se protège en rejetant la faute sur le voisin.

Nestor

Revoyez  les deux buts mexicains. Abidal se plante deux fois mais observez bien ce qui se passe autour de lui. Moi je n’ai vu que des ambulances (Gallas puis Evra) s’arrêter pour contempler le crash…Pas étonnant dès lors qu’un joueur comme Gourcuff, symbole d’un football différent, soit resté sur le banc. Il n’avait pas sa place dans une telle équipe.

2)Insuffisances tactiques

Le débat sur le 4-3-3 et le 4-2-3-1 a fini par me lasser. D’une part, parce qu’il est vain, la plupart des coachs s’accordant pour dire que l’alignement tactique compte moins que l’animation. D’autre part, en raison de l’incroyable capacité des commentateurs à détruire ce qu’ils se sont efforcés de bâtir la veille, et inversement. Combien de fois a-t-on entendu des « spécialistes » comme Christophe Dugarry ou Bixente Lizarazu proclamer, sur tous les plateaux radio et télé, que l’avenir était au 4-3-3? Quelques semaines plus tard, on entend les mêmes expliquer tout aussi doctement que le 4-3-3 est une mauvaise option et que cette équipe doit jouer en 4-2-3-1…

Juste un mot sur Domenech. Voilà ce que disait Gourcuff après le premier match contre l’Uruguay (cité par Libération):

« On s’attendait à un gros pressing. Mais les Sud-Américains nous ont attendus. On n’était pas forcément préparé à ça ».

Traduction: Domenech s’est planté.

Qu’a-t-on vu hier en défense? Deux défenseurs axiaux jouaient très haut (cf. cette animation très parlante), en dépit, d’une part, de la lenteur de l’un d’entre eux (Gallas) et, d’autre part, de la rapidité supersonique des attaquants mexicains. Encaisser deux buts de la sorte n’est pas à cette aune tout à fait illogique.
Conclusion 2: Domenech n’a plus (pas) d’idée sur le plan tactique et ne mérite plus sa place. Bon, en même temps, ça fait quelque temps qu’on s’en doutait un peu…

3) Une mauvaise préparation des corps?

Enfin, dernier  élément à prendre en considération dans cet échec, la préparation physique. Il y a deux jours, l’Equipe publiait un petit papier tout à fait instructif sur les méthodes de Robert Duverne. On y apprenait notamment que le programme avait consacré une large place à l’aérobie, soit le travail permettant aux organismes de répéter les efforts dans le temps. Voilà ce que déclare Eric Blahic, préparateur physique de Guingamp (Remember Sthéphane Carnot) et proche de Duverne:

« C’est la façon de travailler de Robert. (…) Il a d’abord insisté beaucoup sur l’aérobie lors de la préparation, afin que l’équipe soit en pleine possession de ses moyens lors du deuxième tour. C’était déjà le cas en 2006″.

Déjà la tête au tour suivant. Est-ce blâmable? Pas forcément. De manière générale, une grande nation (comme est censée l’être la France) doit au moins viser une place en quart. Il lui faut donc économiser ses forces contre les équipes « faibles » pour mieux se préserver. Mais il n’est pas certain que ce choix ait été la meilleure option pour cette France 2010 où les présumés titulaires étaient des joueurs soit usés (Gallas, Henry, Govou) soit en manque de confiance (Ribéry, Gourcuff). Tous ont semblé n’être pas en mesure de répondre physiquement présents au rendez-vous du premier tour. Tous ont semblé manqué de souffle. Et d’inspiration.

Aujourd’hui, 18 juin 2010, jour de l’appel. A un sauveur. Le général Blanc?