Articles Tagués ‘Coupe du monde’

Je vous propose cette après-midi une vidéo en provenance d’Israël. Je fais le pitsch pour les non-hébraïsants: un supporter israélien explique que sa sélection est brillante mais qu’elle ne participe pas au Mondial du fait de la haine des autres Etats qualifiés (l’Argentine par exemple avec un Maradona fumant avec le chef du Hamas à Gaza). Les stars du football international (Kaka, C. Ronaldo, Messi) donnent leur réponse dans le refrain: si vous n’êtes pas là, ce n’est pas à cause de votre drapeau, mais de votre niveau!!!

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Un Mondial de foot, c’est des matchs bien sûr. Mais c’est aussi beaucoup, beaucoup,  de commentaires, de discussions, d’idées toutes faites que l’on entend à la télé, à la radio ou chez ses potes. Le COACH s’est décidé à régler leurs comptes une fois pour toutes.

1e préjugé: « Les Pays-Bas doivent gagner la Coupe du Monde. Si tu avais un peu de mémoire footballistique,  tu saurais que Pays Bas = Netherlands = Cruyff = 74 = perdants magnifiques, etc. Donc 2010, c’est pour eux. Enfin! »

Pour tous ceux qui ont eu la chance de porter les pantalons « patte d’eph », pour tous ceux qui voyaient en Claude François l’idéal masculin, pour tous ceux pour qui la modernité politique s’est d’abord nommée VGE, le football sera toujours « total » ou ne sera pas. Pour les autres, il y a Mastercard (pour s’acheter des bouquins sur l’histoire du foot!).

Alors quand les Pays-Bas retrouvent enfin une finale de Coupe du Monde, tout remonte à la surface: les CD de Joe Dassin ou/et des Rolling Stones, le concert/match Mohammed Ali- Georges Forman au Zaire (30 octobre 74 et un James Brown en trans), les cheveux longs et le style flamboyant des deux « Johann », Cruyff et  Neeskens, et de Johnny (Rep et….Halliday).

Mais les souvenirs, c’est comme l’alcool: quand on en a trop dans la tête, ça peut finir par aveugler. Quel est le rapport entre la « Holland » 74 et les Pays-Bas 2010? A part, la couleur du maillot, pas grand chose en fait. Van Bronckhorst n’est sûrement pas le fils de Rudd Krol et Van Bommel doit penser que Neeskens est un peintre du XVIIe siècle. Il est vrai que la sélection hollandaise de Van Marwijk compte quelques joyaux de la trempe des plus grands (Sneijder, Robben, Van Persie). Mais  les « Orange Mécanique » et Stanley Kubrick sont morts. Les Pays-Bas ne font plus rêver et jouent à l’allemande. En parlant de l’Allemagne, d’ailleurs…

2e préjugé: « De toute façon, c’est encore l’Allemagne qui va gagner en finale. Comme disait l’autre (NDLR: Gary Lineker, mais notre ami n’a plus toute sa mémoire. Dédicace à Benj…), « Football is a simple game: 22 men chase a ball for 90 minutes and at the end, the Germans win. ». Et en plus, ils jouent tellement mal, ils cassent le jeu. Vive les Pays-Bas! Vive le Brésil!

C’est la belle surprise de ce Mondial africain: une autre Allemagne est possible! Schématiquement, on peut dire que la Nationalmannschaft représentait jusqu’ici dans le coeur des footeux (et parfois à tort., cf. 1974) l’antithèse des Pays-Bas: un football rude, physique, méchant parfois et surtout assez malin et vicieux pour gagner les matchs importants. Outre le fait que la RFA-Allemagne n’a remporté en réalité que 3 de ses 7 finales de Coupe du Monde jouées (1954, 1966, 1974, 1982, 1986, 1990 et 2002), on sait désormais que le football rime en allemand avec « zeigen » (« spectacle »).

La Bundesliga est souvent regardée avec arrogance à l’Ouest du Rhin. Sa moyenne de buts par match supérieure à celles de la Premier League ou de Liga, sans même parler de la Ligue 1? C’est la faute aux défenses allemandes en gruyère. Le Bayern Munich en finale de la Ligue des champions? Un épiphénomène. En somme, le football allemand est en passe de chiper la 3e place à l’Italie mais personne, ou presque, ne veut se l’avouer.

Un jeu de passe bien huilé, de la percussion, de la vitesse, une grande intelligence collective: l’Allemagne nous a fait rêver. Et c’est vrai que ça perturbe.  Les Dessins de Bouzard (cf. surtout le 22 et puis le 1er) représentent avec beaucoup de malice ce changement de représentations. Une révolution d’autant plus marquante que le Brésil de Dunga a délaissé le football samba pour un football plus européen (cf. mon récent article sur le sujet). Et l’Allemagne finit même par s’effondrer en demi! Les Allemands, en perdants magnifiques, on n’y avait pas pensé.  Tout fout le camp! Merci Messieurs Muller, Ozil, Lahm, Schweinsteiger (un peu Allemand quand même!).

3) 3e préjugé: « Le poulpe l’avait dit, fallait l’écouter. Il ne s’est jamais trompé depuis le début de la compétition ».

2030. Vous ressortez vos exemplaires collector de « L’Equipe » du grenier pour les montrer à votre fils, pour faire son éducation footballistique. Et qu’est-ce que vous allez lui montrer en page 4 de votre quotidien préféré? Que « le poulpe avait prédit la victoire espagnole »? En ajoutant, le sourire aux lèvres, fier de vous, que vous aviez suivi son conseil en pariant sur le site de la FDJ?  Vous aurez l’air de quoi, vous avez pensé à ça? Depuis quand on interroge les poulpes, tel l’Oracle de Delphes (un petit tour sur Wikipedia pour tous ceux qui n’écoutaient pas en cours d’histoire)? Eh dis moi le poulpe, qu’est-ce que tu prévois pour 2012? Shame on you!

4e préjugé: « Le Canal football club, c’est  vraiment génial! Et puis Ménès, quel patron!

Non content de visionner tous les matchs, même les plus boring, l’aficionado ne rate jamais L’EMISSION de la Coupe du monde. Non, pas « Le Mag » de Denis Koh Lantah Brognart (faut pas déconner), mais le « CFC » de notre cher Hervé Mathouxxxx. On se dit que l’on va apprendre plein de choses, que l’on va enfin comprendre pourquoi le Brésil s’est effondré contre les Pays-Bas en deuxième mi-temps, pourquoi l’Allemagne n’a fait qu’une bouchée de l’Angleterre puis de l’Argentine, qu’on va écouter des « pros », enfin. Mais non. Ce soir, tous les soirs, c’est  rendez-vous en « je sais tout et je dis n’importe quoi ».

Et les rois dans cette discipline, ce sont quand même le duo Ménès-Duga. Jamais de doute dans le propos, l’assurance de ceux qui ne se trompent jamais et qui tapent là où ça fait mal. Et puis, en bonus, on a eu droit à la blague, à la seule et unique blague de « La Guigne » (qu’on avait connu plus drôle): l’envoi sur la lune des joueurs défaits. La prochaine fois, on ira se coucher après le match…

5e préjugé:  » Toulalan, ça c’est un mec droit. Pas comme ces racailles de Ribéry et Evra. Ce sont des joueurs comme ça qu’il nous faut. Si tout le monde avait eu le courage de Toulalan, il n’y aurait jamais eu d’affaire du bus ».

Toulalan- Lloris – Gourcuff: c’est un peu le trio gagnant de l’Equipe de France. A telle enseigne que beaucoup ont évoqué une possible attribution du capitanat à la « Toul » sous l’ère Blanc. Pourquoi? Parce que lui s’est opposé aux caïds qui ont fait honte à la France. Parce que lui a osé dire non, bien que sa résistance ait échoué à empêcher la mascarade. C’est en tout cas ce qu’on a lu dans la presse jour après jour. Mais surprise ce dimanche, à l’heure du petit-déj: on apprend que Toulalan était l’un des leaders de la fronde et que son conseiller aurait guidé la rédaction du fameux communiqué des joueurs. Toulalan, le chef du gang? Une telle info, ça fait très mal aux préjugés.

Préjugé Bonus: « C’est bien connu: dès qu’il y a des filles entre les joueurs, c’est terminé… »

En guise de conclusion, et pour donner tort à Mr Capello (qui a privé ses joueurs de leurs wags) et à toutes les Zahia du football, cette petite vidéo. C’est beau l’amour!

L’idée me trotte dans la tête depuis plusieurs jours: il faut écrire un article sur la « malédiction de la pub Nike ». En clair, faire remarquer que toutes les stars qui animent cette magnifique campagne publicitaire ont subi le plus grand maraboutage de l’histoire. Un autre blogueur a écrit cet article et je vous le mets en lien:

Just do it!

La malédiction Nike

Petite observation: la réalisation de la FIFA n’ayant pas diffusé de « ralenti hors-jeu » pendant le match, personne n’a pu juger de la validité de ce but. Depuis, des ingénieurs allemands ont prouvé que Villa était bien hors-jeu, d’un tout petit bout de chaussures, mais hors-jeu tout de même…

Brésil: pays d’Amérique du Sud synonyme de spectacle et de samba. Devise: joga bonito (jouer un beau football). Présidents successifs: Pelé, Garrincha, Tostao, Rivelino, Socrates, Zico, Ronaldo, Ronaldinho. Capitales: feintes de corps, dribbles, accélérations.

A l’aune de ces quelques repères, la Selecao de Dunga peut sembler, à première vue, plus proche de l’Europe que du continent sud-américain. C’est pourtant réduire le foot brésilien aux pubs Nike et aux compilations disponibles sur Youtube. Au pays de Pelé et de Vampeta (pardon chers supporters du PSG), l’approche du football en compétition internationale n’est plus tout à fait la même depuis qu’un certain Luis Fernandez s’est mis à courir dans le stade de Guadalaraja, après avoir marqué le tir au but qui renvoyait la Selecao de Zico (le « Pelé blanc ») à la maison. C’est peut-être une certaine idée du football comme spectacle total qui est un peu mort ce jour-là par la faute d’un futur animateur de RMC…

Les sélections brésiliennes de 82 et 86 ont été deux merveilleuses équipes à voir jouer. Mais comme nous l’ont souvent fait remarquer nos chères mamans , « la beauté c’est bien, mon fils, mais ça ne fait pas tout ». Pourtant si brillantes, la Selecao  est sortie par deux reprises assez tôt dans la compétition (deuxième tour en 1982, quarts de finale en 1986).  Des résultats très décevants quand on porte le maillot jaune et vert.

Ces deux traumatismes ont eu pour effet de modifier sensiblement la teneur du football proposé par les successives sélections brésiliennes. L’abandon du « football samba » ne fut certes ni abrupt ni définitif. Par à coup, les joueurs de la Selecao réaffirmèrent aux yeux du monde tout le potentiel créatif, artistique même, d’un sport qui rime toujours avec spectacles sur les plages de Copacabana. Mais bien qu’on y joue aussi avec des shorts, le stade n’a plus rien d’une plage pour les Brésiliens. La compétition appelle certes à bien jouer, mais à condition de gagner. Faut pas déconner, on n’est pas des Hollandais!!! Mieux vaut désormais un bon 1-0 bien moche qu’un 3-4 magnifique qui se termine par des larmes et des quolibets à l’aéroport de Brasilia… Rigueur défensive et impact physique: telles allaient devenir les deux nouvelles forces du Brasil. Un choc culturel pour beaucoup de supporters…

3 dates marquent ce nouveau chemin emprunté par les Brésiliens pour remonter sur le toit du monde: 1990, 1994 et 2010. 3 dates donc et un homme: Carlos Caetano Bledorn Verri. Caetano quoi? Bon, ok, Dunga pour les intimes. L’homme aux cheveux en brosse devient le nouveau visage du Brésil, besogneux, rugueux, dégueu… Cible de virulentes critiques dans son pays, Dunga apparaît comme le symbole de la déroute de la Selecao en 90, éliminée en huitièmes de finale (0-1 contre l’Argentine championne du monde en titre, avec l’expulsion du capitaine et futur Parisien Ricardo).

(Dunga, cheveux longs, cherchant à casser la cheville de Maradona à partir de 0’20)

Mais le Brésil ne changera pas. Et  c’est portée par ces mêmes principes – que Dunga a notamment eu le temps de perfectionner dans le temple de la rigueur défensive qu’est l’Italie (Fiorentina), que son équipe remporte la Coupe du Monde 1994. Certes, la sélection brésilienne compte alors dans ses rangs des artistes comme Romario. Mais ce n’est que l’arbre qui cache la foret: la Selecao, emmenée par Captain Dunga, est un monstre froid capable d’éclairs de génie, juste ce qu’il faut pour marquer un but et fermer la boutique.

Au cours de changement d’identité, de cette nouvelle prévalence accordée au « futbal de resultados » sur le « futball d’arte », tout ne fut pas bien sûr linéaire. Le Brésil 2006 fut à cet égard le meilleur exemple récent d’un retour d’une certaine conception brésilienne d’un football chatoyant et offensif. Au final, le Brésil est éliminé par…la France, toujours la même, avec cette fois-ci aux manettes Zidane et aux platines Luis (« Luis attaque »).

Aujourd’hui, les dernières prestations de l’équipe de Dunga (désormais sélectionneur, mais toujours autant décrié au pays) font d’elles le principal favori de la Coupe du Monde. Fruit du mariage de l’organisation défensive des Italiens et du flair génial carioca, la Selecao 2010 semble quasiment imprenable. Défendant systématiquement à 7, elle étouffe son adversaire et place des attaques fulgurantes où la virtuosité de ces attaquants (Robinho, Kaka, Luis Fabiano) font merveille. Le Chili, belle surprise de ce Mondial africain avec son jeu de passes élaboré, est tombé dans le piège. Très offensive dans les vingt premières minutes, la Rioja s’est vue administrer une vraie leçon de réalisme. 3-0, c’est dur et en même temps amplement mérité. Les joueurs de Bielsa se sont laissés aspirés et ont payé cash les « sorties à découvert » de leurs défenseurs (notamment Jara) qui, en essayant d’apporter le surplus numérique sur les offensives (les Chiliens attaquaient à 6 contre 7 Brésiliens en situation de défense), ont créé des espaces. Et qui dit espaces dit Robinho…

Buts du Brésil en 3D

L’affiche des quarts de finale Brésil-Pays-Bas promet donc d’être mémorable. Un choc entre deux sélections dont le beau jeu constitue l’ADN historique mais qui ne veulent plus désormais perdre sous les applaudissements du public…

Le Mondial est aussi l’occasion pour les entreprises de mettre en avant leurs produits… et de réaliser des pubs plus ou moins mémorables. Mon top 5 des meilleurs pubs de la Coupe du Monde 2010:

1. Nike. What else?

2. Pepsi. Henry, Messi, Kaka et Cie portent des tenues incroyables!

3. Adidas. Très Heroes

4. Coca-Cola. Mon chouchou

5. Budweiser. Prix de l’innovation

Et en bonus, une compilation des plus belles pubs Nike. Revoir Ian Wright me fait chaud au coeur…

Et pour ceux qui sont en manque: