Articles Tagués ‘clash’

1. « Out of Africa » vu du ciel.

2. Domenech va devoir l’écouter toute l’année 2010

3. Ce qu’Evra écoute toujours avant d’entrer dans un stade

4. La chanson des supporters

5. La chanson préférée de William Gallas

6. En hommage à Aimé

7. A écouter en boucle par Escalettes et toute la fédé…

8. Hommage à Roselyne et Rama, les femmes de la République du foot

9. En hommage à Thierry: « Salut l’artiste »

10. Ribéry, le meneur bien sûr

11. Sauve-nous Laurent…

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Un sentiment bizarre a traversé les supporters des Bleus ce week-end: comment Domenech, entraîneur décrédibilisé par ses propres joueurs, insulté, méprisé, pouvait-il, d’une part, ne pas demander de sanction contre Nicolas Anelka (il changera d’avis à partir de lundi) et, d’autre part, accepter de lire le communiqué des joueurs, texte outrageant tant pour l’autorité de la FFF que pour la sienne propre?

Ce matin, on a trouvé la réponse, grâce au Monde et à l’INA (Institut national de l’Audiovisuel): Domenech joueur et capitaine de l’Olympique lyonnais, dirigé alors par un certain Aimé Jacquet, a déjà été à l’origine non pas d’un « refus de s’entraîner »mais, pire, d’un « refus de joueur » tout court (contre le FC Nantes). La preuve en vidéo sur ce lien:

Domenech sèche un match!

NB: La vidéo date du 1e avril 1977… Un sacré bout-en-train, ce Raymond!

Le Yoann Gourcuff de l'époque

On aimerait parler de foot ce matin. On prendrait plaisir à prévoir devant vous les choix tactiques des uns et des autres, à imaginer que Cissé ou Valbuena pourraient avoir leur chance. A se demander si Carlos Alberto Parreira a décidé de faire prendre des risques à son équipe pour le dernier match du pays organisateur. Mais ce matin, 4-2-2 ou 4-3-3, peu importe. On s’en fout.

Je me demande ce que pense l’enfant de 10 ans devant son téléviseur aujourd’hui. Je me remémore mes propres souvenirs du Rose Bowl Stadium, de la réalisation très spéciale des matchs diffusés, des soirées passées avec mon petit frère à imiter Romario et Bebeto et à faire des fiches en découpant l’Equipe. Ces « lieux de mémoire » sont éternels dans l’esprit des amoureux du football, qu’ils vous ramènent à la Suède en 1958, à l’Argentine de Videla, ou à la France de Deschamps et Chirac. De cette édition 2010, que restera-t-il dans le coeur des supporters tricolores? Des insultes, des tensions, des ingérences, Rama Yade et Roselyne Bachelot. Une faillite.

On ne parle plus de foot depuis 3 jours en France. On parle « racaille », « voyou », de joueurs étouffés par l’arrogance et les billets de 500 euros. Le débat se communautarise, se polarise sur les prétendues tensions ethniques sur lesquelles reposerait la faillite du paquebot bleu. Les « Blacks » & « Rebeu » (Anelka, Ribéry, Gallas, Abidal, Evra, etc.) empêcheraient les « Blancs » de s’exprimer (Gourcuff, Toulalan, Lloris). C’est simplement faux. Ceux qui suivent au plus près cette équipe (je pense notamment à G. Schneider) répètent inlassablement que tout ceci n’a rien à voir. Mais bon certains appliquent une même grille de lecture sur tous les événements, y compris footballistiques. Ca rend la vie plus simple… Les quelques meneurs de la fronde ont juste pété un câble, oublié qu’ils étaient en train de détruire tout ce dont ils rêvent depuis leur plus jeûne âge. Ils ont eu un comportement déplorable, honteux. Mais la couleur et l’ethnie n’ont rien à voir avec tout ça. Seuls la suffisance, l’arrogance et le culte de l’argent ont enfanté cette faillite. En Gallas ou Ribéry, ce n’est pas la couleur ou la religion qui parle, c’est la petitesse d’esprit. C’est tout.

On condamne, notamment en pensant au modèle donné aux enfants. Bien que j’ai moi-même évoqué ce dernier point plus haut, je suis mal à l’aise en écoutant cet argument moralisateur. Les enfants font des rêves grâce (notamment) aux footballeurs, mais les footballeurs ne sont pas et ne doivent pas être des exemples. Ils jouent très bien à un sport, point barre. Ils ne sont ni éducateurs, ni enseignants, ni maîtres spirituels de la « communauté » des supporters!  On est en droit d’être très déçus par les performances et le comportement de la sélection française. Même si l’on concède que les joueurs sont des modèles pour les enfants, ce n’est qu’en vertu de leurs performances sur le terrain: on essaie de refaire la virgule de Ronaldinho, de frapper comme Ronaldo, de tacler comme Abidal… (Ah non, pas vous?). Personne ne veut s’habiller comme Djibril Cissé ou épouser Wahiba…

Un dernier mot: si l’on devait garder un modèle dans le football, il ne pourrait être que lui: Aimé Jacquet. L’amour du foot et le respect sont des mots que l’on retrouve toujours chez cet homme. Alors, peu importe le score de cette après-midi, peu importe la composition des deux équipes, la qualification flamboyante ou l’élimination honteuse. Tout ce qui compte, c’est qu’on ne retrouve pas Aimé les larmes aux yeux après le match…

Une pensée pour Aimé

Bande d’aveugles que nous sommes! Des mois que nos esprits se déchaînent pour conspuer ces Tricolores perçus comme comme trop arrogants et inefficaces. Ignorants! Depuis ce week-end, une équipe-type s’est dessinée devant le regard médusé du monde entier.

1. Robert Duverne: Forcément. Une prise de sifflet très sûre. Une relance à la main digne des plus grands. Aime beaucoup parler avec ses mains (grazie a ses « racines italiennes »). Lloris peut trembler!

2. Raymond Domenech: Son poste de prédilection. Forcément derrière. Le bus…

3. Jean-Pierre Escalettes: Gauche.

4. Marc Planus: La grosse surprise en défense. On le connaissait calme et posé. On le découvre ce week-end revendicatif et hargneux. Pas sûr que ça plaise à Lolo…

5. William Gallas: Quand il s’agit de défendre son pote « Nico », Will est le meilleur. Quand il s’agit de défendre contre Forlan ou Vela, Will préfère se mettre sur répondeur.

6. Jean-Louis Valentin: L’espoir de cette Coupe du Monde 2010. Va au charbon, prend des risques, envoie tout valser lorsqu’on lui prend la tête. Mourinho est sur le coup.

7. Yoann Gourcuff: Cette équipe a besoin d’un bizut. Et Yoann, premier de la classe poli et beau, est parfait dans ce rôle de milieu qui ne (se) défend pas.

8. et 10. Patrice Evra et Franck Ribéry: Innovation tactique: la France joue désormais avec deux meneurs, façon Baup 1999 (Bernarbia-Micoud) ou Don Vito Corleone (Michael et « Sonny »). A la manoeuvre sur et en dehors du terrain. N’hésitent pas à pleurer pour séduire dans les chaumières. Des artistes.

9. David Astorga: Gerd Müller. Un vrai chasseur (d’infos). Après 6 saisons en amateur (questions à la con et sourires en coin), le Barack Obama de TF1 nous a montré dimanche matin qu’il savait saisir toutes les occasions. Christian Jeanpierre, prends garde à toi! (PS: je précise que Barack Astorga est né à Saint-Mandé).

11. Thierry Henry: Il faut bien qu’il joue quelque part, merde! Y a vraiment plus de respect…

Attention toutefois, le match France- Afrique du Sud est prévu à 16 heures, un horaire où, nous le savons désormais, tout est possible avec les Bleus…

Son souvenir nous hante, détermine nos jugements. « Les Yeux dans les bleus », impressionnant documentaire sur la vie de l’équipe de France pendant la Coupe du Monde 1998, a changé notre regard sur les joueurs tricolores et sur le football en général. Qu’y voyait-on? De l’amitié, de la fraternité même à certains moments. Une folle envie de gagner ENSEMBLE, que sa place soit sur la pelouse ou sur le banc, près de Philippe Bergeroo. Et puis du respect. Une scène seulement: Laurent Blanc (coïncidence?) demande avec politesse à Aimé Jacquet de lui signer des posters pour ses proches et lui rapporte que ses coéquipiers ont « imité la signature du coach » de peur de le déranger…Tout était beau, parfait, exemplaire.

Bisounours

Et si tout cela n’était qu’une imposture? Et si on acceptait enfin de juger « Les yeux dans les Bleus » comme un film, avec ce que cela s’implique comme montage et scénarisation? Et si on acceptait enfin de ne plus croire aux Bisournours triclolores? Si la France a remporté la Coupe du Monde il y a 12 ans, ce n’est pas parce que les joueurs s’aimaient (pensons simplement aux tensions entre Barthez et Lama, que le réalisateur Stéphane Meunier omet d’évoquer) mais parce qu’ils étaient bien préparés, bien managés, bien encadrés par des leaders sur le terrain incontestables (Deschamps, Blanc)…et parce qu’ils ont eu la chance dont bénéficient toujours les champions (but en or contre Paraguay, séance de tirs aux buts favorable contre l’Italie, incroyable doublé de Thuram contre la Croatie, malaise de Ronaldo en finale).

Il y a quelques semaines, Vikash Dhorasoo expliquait qu’en quinze ans de carrière, dont 2 mois pendant l’été 2006 (à la Coupe du monde), il n’avait jamais vu de scènes similaires à celles des « yeux dans les Bleus ». Le football professionnel, ajoutait-il, c’est de la compétition contre d’autres équipes bien sûr, mais aussi contre son partenaire pour garder ou conquérir une place de titulaire. Tout le monde a l’air heureux dans les yeux dans les Bleus, de Thuram à Dugarry, en passant par le magasinier. Comme dans les Bisounours…Révéillons-nous, ce n’était qu’un rêve, très bien conçu il est vrai…

Un dernier mot sur ce week-end cataclysmique: c’est une honte. Juste une honte. Ces joueurs ne s’aiment pas? Pas grave et surtout fréquent. En 1982, après le premier match de la Coupe de Monde Angleterre-France (3-1), Michel Platini et ses sbires réussissent à convaincre Michel Hidalgo d’avoir la peau de Jean-François Larios. Les complots en équipe de France, une belle coutume.

Jean-François Larios

Non, ce qui nous révulse, c’est la manière incroyablement arrogante avec laquelle ces joueurs portent le maillot tricolore. Ils se pensent seuls, ou tout du moins considèrent le public comme un élément tout à fait négligeable. Cette équipe de France ne joue pas pour la France, c’est tout. Et  c’est suffisant pour réussir à se mettre à dos un pays tout entier. Demain, il faudra reconstruire. Mais cette fois-ci, nous ne ferons pas notre route avec l’idée, si réjouissante et si naïve à la fois, que le foot est toujours, au plus haut niveau, une affaire de potes…