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On aimerait parler de foot ce matin. On prendrait plaisir à prévoir devant vous les choix tactiques des uns et des autres, à imaginer que Cissé ou Valbuena pourraient avoir leur chance. A se demander si Carlos Alberto Parreira a décidé de faire prendre des risques à son équipe pour le dernier match du pays organisateur. Mais ce matin, 4-2-2 ou 4-3-3, peu importe. On s’en fout.

Je me demande ce que pense l’enfant de 10 ans devant son téléviseur aujourd’hui. Je me remémore mes propres souvenirs du Rose Bowl Stadium, de la réalisation très spéciale des matchs diffusés, des soirées passées avec mon petit frère à imiter Romario et Bebeto et à faire des fiches en découpant l’Equipe. Ces « lieux de mémoire » sont éternels dans l’esprit des amoureux du football, qu’ils vous ramènent à la Suède en 1958, à l’Argentine de Videla, ou à la France de Deschamps et Chirac. De cette édition 2010, que restera-t-il dans le coeur des supporters tricolores? Des insultes, des tensions, des ingérences, Rama Yade et Roselyne Bachelot. Une faillite.

On ne parle plus de foot depuis 3 jours en France. On parle « racaille », « voyou », de joueurs étouffés par l’arrogance et les billets de 500 euros. Le débat se communautarise, se polarise sur les prétendues tensions ethniques sur lesquelles reposerait la faillite du paquebot bleu. Les « Blacks » & « Rebeu » (Anelka, Ribéry, Gallas, Abidal, Evra, etc.) empêcheraient les « Blancs » de s’exprimer (Gourcuff, Toulalan, Lloris). C’est simplement faux. Ceux qui suivent au plus près cette équipe (je pense notamment à G. Schneider) répètent inlassablement que tout ceci n’a rien à voir. Mais bon certains appliquent une même grille de lecture sur tous les événements, y compris footballistiques. Ca rend la vie plus simple… Les quelques meneurs de la fronde ont juste pété un câble, oublié qu’ils étaient en train de détruire tout ce dont ils rêvent depuis leur plus jeûne âge. Ils ont eu un comportement déplorable, honteux. Mais la couleur et l’ethnie n’ont rien à voir avec tout ça. Seuls la suffisance, l’arrogance et le culte de l’argent ont enfanté cette faillite. En Gallas ou Ribéry, ce n’est pas la couleur ou la religion qui parle, c’est la petitesse d’esprit. C’est tout.

On condamne, notamment en pensant au modèle donné aux enfants. Bien que j’ai moi-même évoqué ce dernier point plus haut, je suis mal à l’aise en écoutant cet argument moralisateur. Les enfants font des rêves grâce (notamment) aux footballeurs, mais les footballeurs ne sont pas et ne doivent pas être des exemples. Ils jouent très bien à un sport, point barre. Ils ne sont ni éducateurs, ni enseignants, ni maîtres spirituels de la « communauté » des supporters!  On est en droit d’être très déçus par les performances et le comportement de la sélection française. Même si l’on concède que les joueurs sont des modèles pour les enfants, ce n’est qu’en vertu de leurs performances sur le terrain: on essaie de refaire la virgule de Ronaldinho, de frapper comme Ronaldo, de tacler comme Abidal… (Ah non, pas vous?). Personne ne veut s’habiller comme Djibril Cissé ou épouser Wahiba…

Un dernier mot: si l’on devait garder un modèle dans le football, il ne pourrait être que lui: Aimé Jacquet. L’amour du foot et le respect sont des mots que l’on retrouve toujours chez cet homme. Alors, peu importe le score de cette après-midi, peu importe la composition des deux équipes, la qualification flamboyante ou l’élimination honteuse. Tout ce qui compte, c’est qu’on ne retrouve pas Aimé les larmes aux yeux après le match…

Une pensée pour Aimé

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