Articles Tagués ‘4-3-3’

La journée n’a pas trop mal commencé, même si vous avez peu dormi, la faute au match de 20h30, suivi du sourire de Denis Koh Lanta Brogniart (TF1 a vraiment besoin de recruter de nouvelles têtes pour le foot…) et des blagues lourdes de Pierre Ménès. Et je ne parle même pas  des soirées Before et After (Foot) de RMC, la radio des journalistes qui créent de fausses polémiques et des gens qui appellent pour ne rien dire. Mais bon, au moins, ce sont des « spécialistes »…

Le problème avec la Coupe du monde, c’est qu’elle devient trop souvent la tribune choisie par des gens en mal d’audience publique pour exprimer leur avis sur le foot, avec la mine sérieuse des gens qui s’y connaissent. Objectif: démontrer qu’on est proche du peuple. Le foot au secours de la démocratie, c’est triste…

Cette année, c’est du très lourd. La Roselyne Bachelot, c’est déjà pas mal.

(cf. lien Le Petit journal de Yann Barthes)

Mais la meilleure toutes catégories restera Rama Yade. On a beaucoup palabré la semaine dernière sur la déclaration de la secrétaire d’Etat chargé des Sports, reprochant aux Bleus d’avoir des goûts de luxe quant à leur mode de logement en Af Sud (petit rappel: c’ets la Fédération qui régale, pas l’Etat. Nous payons par contre les frais d’hôtel de Rama…).

Rama. N°10

Mais j’ai mieux pour vous. Voici la dernière déclaration de Rama Yade, vendredi dernier, sur RTL. C’est proprement magnifique:

Je n’oublie jamais que l’équipe de France a souvent eu du mal à se qualifier, comme en 1998, comme en 2006, et vous savez comment ça c’est terminé. Dans un cas championne du monde, dans l’autre cas finaliste de la coupe du monde.

Ecouter le son sur ce lien (à partir de 0’58)

Là, je dis chapeau. Ce qui m’étonne, c’est qu’elle n’ait pas ajouté que l’équipe à Platoche avait déjà connu d’énormes difficultés pour décrocher son billet pour l’Euro 84 en France… En plus, Rama, on l’a gagné cet Euro!!!


Lecoach2010 ne pouvait pas ne pas vous faire profiter de ça: l’analyse tactique d’avant-match de France-Uruguay par Jean-Marc Furlan (ancien coach de  Strasbourg et de Nantes notamment). Juste le tableau me fait kiffer…

Dans quelques minutes, retour sur le match France-Uruguay!

Ca y est, c’est le jour J! Au jourd’hui, on devrait savoir ce que cette équipe de France tant décriée a dans le ventre. Les trois matchs de préparation ont permis de voir les forces et les faiblesses de cette sélection en 4-3-3, mais ce n’était que des matchs de préparation. La Coupe du Monde c’est autre chose. Surtout pour des hommes, compétiteurs dans l’âme, habitués depuis leur plus jeune âge à joueur pour gagner. Gagner, gagner et gagner, peu importe la manière (sauf peut-être chez les Gourcuff). Le changement, ce n’est pas tant l’adversaire qui en est le facteur que l’atmosphère, le contexte: ce qui se passera à partir du 11 juin sera dans les livres d’histoire du foot et les bouquins d’Eugène Saccomano.

Qui se souviendra du match contre la Chine dans 10 ans? Par contre, un premier match de Coupe du monde reste gravé dans les mémoires des footeux: France-Paraguay 1958 (7-3 et un triplé pour Justo Fontaine), France-Angleterre 1982 (1-3, et quatre joueurs qui perdent leur place pour le match suivant (Amoros, Janvion, Genghini et Lacombe), France-Canada 1986 (1-0, Papin), France-Afrique du Sud 1998 (3-0 et un Pierre Issa de folie…), France-Sénégal 2002 (0-1, la liesse dans mon quartier du 18e arrondissement et le début de la fin pour les Lemerre boys), France-Suisse 2006 (0-0, miteux). Un premier match ne détermine certes pas nécessairement  la suite de la compétition (cf. 1982 et dans une moindre mesure 2006) mais il peut donner une dynamique positive (1958, 1986, 1998) ou négative (2002). De là à entendre dire par Domenech que « le premier match n’est pas décisif »…

Les clés du match

1. Anelka aime-t-il toujours les sapins?

On est revenu dans un précédent post sur les difficultés d’Anelka lors des matchs de préparation. Il devrait toutefois à priori débuter le match comme titulaire. Un mot supplémentaire donc sur son positionnement. Si Nico continue d’être le premier choix de Domenech, autant le mettre dans les meilleures conditions. Or, tout le monde le sait, Anelka aime décrocher, pour toucher le ballon et sortir de son isolement. Dans les matchs de préparation, ça n’a pas montré beaucoup d’intérêt et ça a même fini par en agacer certains. Mais les décrochages d’Anelka ne sont pas toujours inefficaces: à Chelsea, pendant l’hiver dernier, Anelka a brillamment joué dans le système dit du « sapin de Noël », mis en place par Ancelotti (et déjà vu à Milan) en l’absence de Didier Drogba.

Sapin de Nöel

Une telle formation marchait du tonnerre notamment du fait des espaces créés par Anelka dans la défense, son défenseur le suivant dans ses mouvements vers l’arrière. Et qui en profitait pendant ce temps-là pour perforer l’axe central? Malouda (et Joe Cole)!

(à partir de 1’56. Regardez bien le ralenti surtout)

En Equipe de France, Malouda semble, pour l’heure, devoir se satisfaire d’une place plus reculée, à peine plus haut que Toulalan. C’est donc à Ribéry que doit revenir ce rôle. Lors des trois derniers matchs, le Bavarois s’est contenté d’accélérer en ligne droite, « plongeant » dans le trou trop rarement. L’espace créé par Anelka ne profitait donc à personne. Et Govou n’a pas fait mieux, loin de là.

cf. cette image de zonalmarking (Anelka en rose)

Il est fort probable que Domenech et son staff aient demandé à Ribéry de redresser le tir ce soir contre l’Uruguay. On imagine fort bien dans ce schéma les combinaisons à trois Anelka-Gourcuff-Ribéry ou Anelka-Malouda/Govou (la position basse de Gourcuff lui offrant un avantage précieux dans la vision large du jeu et des « ouvertures » possibles). Ce schéma, formé par mes soins, explique ce à quoi cela pourrait ressembler (Les noms suivis d’un 1 désignent la position de base du joueur tandis que les traits désignent les passes).

Sapin français

2. Des Uruguayens en 3-5-2?

L’une des particularités tactiques du groupe de la France tient au fait que des deux trois adversaires des Bleus jouent avec une défense à 3: Mexique en 3-4-3 et Uruguay en 3-5-2. le 3-5-2 est un système très peu courant aujourd’hui mais il est probable toutefois que le sélectionneur Oscar Tabarez le conserve. Il faut s’attendre à voir une équipe très rude, dure sur l’homme et un peu (beaucoup) vicieuse. En Uruguay, ils appellent ça la garra. En clair, c’est pas le bon soir pour faire jouer Valbuena… On va avoir droit à des tacles par derrière, des duels bien physiques sur les corners et quelques provocations pour le plaisir…

Concernant le positionnement tactique, Tabarez a coutume de muscler l’axe central (3 défenseurs + 2 joueurs placés devant eux). Il faudra donc essayer de passer un maximum sur les ailes. Le 3-5-2 est à la fois intéressant et problématique pour son jeu sur les côtés. Dans la Celeste, c’est les Pereira, Maxi et Alvaro (aucun lien) qui animent les flancs. Mais attaquer et défendre, ça peut finir par vous épuiser un homme. Il y a donc sûrement une vraie chance à joueur pour les Bleus. Pour faire du mal à cette équipe dont l’axe central sera costaud, il faudra chercher à bien écarter le jeu et percer sur les côtés. Vas-y Francky, c’est bon!

En attaque, le talent du duo Forlan-Suarez est bien connu. Attention également à Gonzalez, en soutien des deux attaquants, qui a montré de très belles choses contre Israël (4-1). Forlan décrochant pas mal, la doublette Gallas-Abidal aura probablement besoin du soutien de Toulalan. Je vous mets ci-dessus les formations attendues (avec peut-être deux changements chez les Uruguayens: Victorino à la place de Scotti et Rios à la place de Gargano).

Pronostic: Un bon petit 0-0 avec une bataille féroce au milieu de terrain.

Allez les Bleus!