Articles Tagués ‘2006’

Brésil: pays d’Amérique du Sud synonyme de spectacle et de samba. Devise: joga bonito (jouer un beau football). Présidents successifs: Pelé, Garrincha, Tostao, Rivelino, Socrates, Zico, Ronaldo, Ronaldinho. Capitales: feintes de corps, dribbles, accélérations.

A l’aune de ces quelques repères, la Selecao de Dunga peut sembler, à première vue, plus proche de l’Europe que du continent sud-américain. C’est pourtant réduire le foot brésilien aux pubs Nike et aux compilations disponibles sur Youtube. Au pays de Pelé et de Vampeta (pardon chers supporters du PSG), l’approche du football en compétition internationale n’est plus tout à fait la même depuis qu’un certain Luis Fernandez s’est mis à courir dans le stade de Guadalaraja, après avoir marqué le tir au but qui renvoyait la Selecao de Zico (le « Pelé blanc ») à la maison. C’est peut-être une certaine idée du football comme spectacle total qui est un peu mort ce jour-là par la faute d’un futur animateur de RMC…

Les sélections brésiliennes de 82 et 86 ont été deux merveilleuses équipes à voir jouer. Mais comme nous l’ont souvent fait remarquer nos chères mamans , « la beauté c’est bien, mon fils, mais ça ne fait pas tout ». Pourtant si brillantes, la Selecao  est sortie par deux reprises assez tôt dans la compétition (deuxième tour en 1982, quarts de finale en 1986).  Des résultats très décevants quand on porte le maillot jaune et vert.

Ces deux traumatismes ont eu pour effet de modifier sensiblement la teneur du football proposé par les successives sélections brésiliennes. L’abandon du « football samba » ne fut certes ni abrupt ni définitif. Par à coup, les joueurs de la Selecao réaffirmèrent aux yeux du monde tout le potentiel créatif, artistique même, d’un sport qui rime toujours avec spectacles sur les plages de Copacabana. Mais bien qu’on y joue aussi avec des shorts, le stade n’a plus rien d’une plage pour les Brésiliens. La compétition appelle certes à bien jouer, mais à condition de gagner. Faut pas déconner, on n’est pas des Hollandais!!! Mieux vaut désormais un bon 1-0 bien moche qu’un 3-4 magnifique qui se termine par des larmes et des quolibets à l’aéroport de Brasilia… Rigueur défensive et impact physique: telles allaient devenir les deux nouvelles forces du Brasil. Un choc culturel pour beaucoup de supporters…

3 dates marquent ce nouveau chemin emprunté par les Brésiliens pour remonter sur le toit du monde: 1990, 1994 et 2010. 3 dates donc et un homme: Carlos Caetano Bledorn Verri. Caetano quoi? Bon, ok, Dunga pour les intimes. L’homme aux cheveux en brosse devient le nouveau visage du Brésil, besogneux, rugueux, dégueu… Cible de virulentes critiques dans son pays, Dunga apparaît comme le symbole de la déroute de la Selecao en 90, éliminée en huitièmes de finale (0-1 contre l’Argentine championne du monde en titre, avec l’expulsion du capitaine et futur Parisien Ricardo).

(Dunga, cheveux longs, cherchant à casser la cheville de Maradona à partir de 0’20)

Mais le Brésil ne changera pas. Et  c’est portée par ces mêmes principes – que Dunga a notamment eu le temps de perfectionner dans le temple de la rigueur défensive qu’est l’Italie (Fiorentina), que son équipe remporte la Coupe du Monde 1994. Certes, la sélection brésilienne compte alors dans ses rangs des artistes comme Romario. Mais ce n’est que l’arbre qui cache la foret: la Selecao, emmenée par Captain Dunga, est un monstre froid capable d’éclairs de génie, juste ce qu’il faut pour marquer un but et fermer la boutique.

Au cours de changement d’identité, de cette nouvelle prévalence accordée au « futbal de resultados » sur le « futball d’arte », tout ne fut pas bien sûr linéaire. Le Brésil 2006 fut à cet égard le meilleur exemple récent d’un retour d’une certaine conception brésilienne d’un football chatoyant et offensif. Au final, le Brésil est éliminé par…la France, toujours la même, avec cette fois-ci aux manettes Zidane et aux platines Luis (« Luis attaque »).

Aujourd’hui, les dernières prestations de l’équipe de Dunga (désormais sélectionneur, mais toujours autant décrié au pays) font d’elles le principal favori de la Coupe du Monde. Fruit du mariage de l’organisation défensive des Italiens et du flair génial carioca, la Selecao 2010 semble quasiment imprenable. Défendant systématiquement à 7, elle étouffe son adversaire et place des attaques fulgurantes où la virtuosité de ces attaquants (Robinho, Kaka, Luis Fabiano) font merveille. Le Chili, belle surprise de ce Mondial africain avec son jeu de passes élaboré, est tombé dans le piège. Très offensive dans les vingt premières minutes, la Rioja s’est vue administrer une vraie leçon de réalisme. 3-0, c’est dur et en même temps amplement mérité. Les joueurs de Bielsa se sont laissés aspirés et ont payé cash les « sorties à découvert » de leurs défenseurs (notamment Jara) qui, en essayant d’apporter le surplus numérique sur les offensives (les Chiliens attaquaient à 6 contre 7 Brésiliens en situation de défense), ont créé des espaces. Et qui dit espaces dit Robinho…

Buts du Brésil en 3D

L’affiche des quarts de finale Brésil-Pays-Bas promet donc d’être mémorable. Un choc entre deux sélections dont le beau jeu constitue l’ADN historique mais qui ne veulent plus désormais perdre sous les applaudissements du public…

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Le spectacle d’hier nous a fait mal. Bien sûr, on n’attendait plus grand chose de cette équipe qui aura sombré corps et âme dans cette Coupe du Monde, naufrage inégalé  dans l’histoire des grandes nations de football (Brésil, Allemagne, Argentine, Italie, etc.). La composition d’équipe avait réussi à éveiller en nous quelques espoirs d’un sursaut venu des tripes, espoirs que l’on savait en même temps vains. Avec Squilacci, Diarra, Cissé, Gignac dans le 11, on ne tenait pas une brochette de Brésiliens à l’horizon, plutôt des joueurs connus pour leur mental solide et leur abnégation sur un terrain. Et au regard de la véritable dépression qui a frappé la maison bleue ces derniers jours, un tel choix ne semblait pas illogique.

Cela n’a pas suffi. Les Bleus ont encore perdu, à la suite d’une performance anémique, sans souffle, sans jambes, sans rien… Les 25 minutes qui ont séparé le premier but sud-africain (Khumalo, 20′) de la mi-temps ont semblé durer des heures pour les Bleus. 1-0, expulsion de Gourcuff (25′), 2e but sud-africain (Mphela, 37e), sauvetage de Lloris (41′): l’équipe de France s’est noyée, dans des eaux si profondes qu’on pensa que la France quitterait la Coupe du monde 2010 sur une terrible humiliation. Depuis notre écran, on a vu ces joueurs complètement paralysés par l’incroyable scénario dont, après avoir été les acteurs, ils  devenaient les victimes impuissantes. Le deuxième but caractérise bien ce qui a manqué hier pendant cette première mi-temps, terrible: le porteur du ballon a systématiquement devant lui deux mètres au moins avant de croiser un adversaire français. Tout le temps de lever la tête, d’éliminer, de centrer, de marquer. Pas de pressing, pas de marquage, pas d’impact physique. Les Bleus ont lâché prise hier devant les caméras du monde entier.

L’Equipe titrait ce matin sur « La fin d’un monde ». « La fin du siècle » aurait fait aussi un bon titre. La fin du siècle? Oui, celui qui se poursuivait depuis notre double victoire 1998-2000. La France du foot vit depuis cette date sur un nuage, celui de la supériorité de sa sélection. Champions du monde, nous avons été, champions du monde nous resterons, même sans gagner de titres… Et la finale de 2006? Oui justement la « finale » de 2006, pas le titre!!! 2002, 2004, 2008, 2010, quatre dates (Coupes du monde, Euros) qui nous appellent à l’humilité. En 2002, un nul, deux défaites: ONE POINT. Comme  à l’Eurovision… En 2004, la France est sortie en quarts par la Grèce, future championne d’Europe, mais qu’on peut difficilement considérer comme une grande équipe. 2008: un nul, deux défaites: ONE POINT. Comme toujours à l’Eurovision. 2010: ONE POINT. Conclusion: la France n’est plus une grande équipe.

Nous vivons précisément ce qu’a vécu la génération post-Platini. Deux fois demi-finaliste de la Coupe du Monde (1982 et 1986), championne d’Europe (1984), la France a eu beaucoup de mal à poursuivre son ascension, désormais délestée de « Platoche », « Gigi », « Luis » et consorts. Résultats? Pas qualifiés pour l’Euro 88 et la Coupe du Monde 1990, les Bleus sont sortis au premier tour de l’Euro 92. Avant que Kostadinov n’empêche Papin et Cantona de déboucher les bouteilles de champagnes qui les attendaient dans les vestiaires pour fêter une qualification pour la « Word Cup 94 » qui n’arrivera jamais. Il faudra tout le travail et la patience d’Aimé Jacquet et de son staff pour que les Bleus réapprennent à gagner.

France 82

Déjà Liza...

A Laurent Blanc maintenant d’analyser la déroute, d’en tirer les bonnes conclusions, de permettre aux talents de s’exprimer (à commencer par Yoann Gourcuff). Lourde tâche que d’être vu comme un Sauveur…

L’habitude formidable qu’ont prise les Anglais de « se chauffer » avant le match en écoutant du rock n’est  plus à présenter. En France aussi, on s’y est mis avec plus ou moins de réussite, tant sur le plan des résultats que sur celui du choix des chansons. Voyage, Voyage…

En 1996, le soir de la finale de la Coupe des Coupes, Yannick Noah choisit une bonne chanson africaine (« Bonékakabouna bonékakawoué, ou un truc dans le genre) pour remobiliser les joueurs du PSG, à la ramasse depuis janvier (ils perdront d’ailleurs le titre au profit d’Auxerre, malgré 10 points d’avance au soir de la 22e journée) et en froid avec leur coach Luis Fernandez.

Résultats?

1) N’Gotty plante le but de la victoire sur une minne qui troue le gardien du Rapid de Vienne, ce qui lui vaudra le surnom de « Koeman noir » en référence au buteur de la finale de C1 1992 avec Barcelone. Bon, ceci dit, le journaliste qui a inventé ce surnom devait être bourré…

2) Luis devient le premier entraîneur français à remporter une Coupe d’Europe et se prend pour Arrigo Sacchi. Il finira par partager son temps entre faire la bise à Brigitte Lahaie (à 16h 01) et entraîner 3 jours par mois la sélection israélienne.

3) Noah démontre à nouveau que c’est un homme de crise. Une ambiance pourrie à un mariage? Mettez du Yannick!

A Nantes, en 2005, les Canaris, déjà à l’agonie, réussissent à se sauver grâce à une idée géniale du duo Le Dizet-Roussillon. Habitués des dance-floors de l’Atlantique, ils décident d’ambiancer (comme Rubens?) le vestiaire de la Beaujoire avec du très lourd…. Ca marche: 1-0 contre Metz. Nantes respire encore.

En 2006, le vestiaire des Bleus résonne au son de « Seven Nation Army » (la vidéo vous montrera pourquoi ça n’a pas totalement marché…)

Alors écoute Raymond, pour ce soir, j’ai une proposition à te faire pour conclure ton discours dans 15 minutes:

La journée n’a pas trop mal commencé, même si vous avez peu dormi, la faute au match de 20h30, suivi du sourire de Denis Koh Lanta Brogniart (TF1 a vraiment besoin de recruter de nouvelles têtes pour le foot…) et des blagues lourdes de Pierre Ménès. Et je ne parle même pas  des soirées Before et After (Foot) de RMC, la radio des journalistes qui créent de fausses polémiques et des gens qui appellent pour ne rien dire. Mais bon, au moins, ce sont des « spécialistes »…

Le problème avec la Coupe du monde, c’est qu’elle devient trop souvent la tribune choisie par des gens en mal d’audience publique pour exprimer leur avis sur le foot, avec la mine sérieuse des gens qui s’y connaissent. Objectif: démontrer qu’on est proche du peuple. Le foot au secours de la démocratie, c’est triste…

Cette année, c’est du très lourd. La Roselyne Bachelot, c’est déjà pas mal.

(cf. lien Le Petit journal de Yann Barthes)

Mais la meilleure toutes catégories restera Rama Yade. On a beaucoup palabré la semaine dernière sur la déclaration de la secrétaire d’Etat chargé des Sports, reprochant aux Bleus d’avoir des goûts de luxe quant à leur mode de logement en Af Sud (petit rappel: c’ets la Fédération qui régale, pas l’Etat. Nous payons par contre les frais d’hôtel de Rama…).

Rama. N°10

Mais j’ai mieux pour vous. Voici la dernière déclaration de Rama Yade, vendredi dernier, sur RTL. C’est proprement magnifique:

Je n’oublie jamais que l’équipe de France a souvent eu du mal à se qualifier, comme en 1998, comme en 2006, et vous savez comment ça c’est terminé. Dans un cas championne du monde, dans l’autre cas finaliste de la coupe du monde.

Ecouter le son sur ce lien (à partir de 0’58)

Là, je dis chapeau. Ce qui m’étonne, c’est qu’elle n’ait pas ajouté que l’équipe à Platoche avait déjà connu d’énormes difficultés pour décrocher son billet pour l’Euro 84 en France… En plus, Rama, on l’a gagné cet Euro!!!