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Beckham à Paris: la stratégie du nouveau riche

Publié: décembre 25, 2011 dans L'actu du jour
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David & Victoria à Paris: le spice world débarque à Paname. Comme cadeau de Noël (ou Hannouka, c’est selon), on a rarement fait mieux…Le maillot de Beckham (avec le numéro 32 floqué comme à Milan?) va probablement être un cadeau à la mode cet hiver.

Beckham en tenue de footballeur

Plus sérieusement, j’ai une thèse au sujet du PSG: Paris développe, depuis l’arrivée des Qatariens, une stratégie de nouveaux riches. Qu’est ce qui définit un nouveau riche? L’envie de démontrer, à corps et à cris, que désormais les moyens ne manquent pas pour s’acheter tout ce que l’on désire. Son slogan serait: NO LIMIT & PAILLETTES. Vous achetez un appart à Neuilly, conduisez une Porsche décapotable et portez des Ray Ban en hiver.L’objectif, en creux, étant d’asseoir une nouvelle position sociale, de conquérir une légitimité jusqu’ici inaccessible.

LE PSG A TOUJOURS AIME LES PAILLETTES

Pastore, Beckham, Ancelotti, Tevez ou Kaka demain: le PSG est clairement passé dans un autre monde. Désormais, le monde sait que Paris peut tout s’offrir. D’une certaine manière, on pourrait même dire qu’il retrouve cette tradition de football paillettes, constitutive de son identité. Comme le racontent parfaitement Damien Degorre et Jérôme Touboul dans leur livre « La folle histoire du PSG » (Ed. prolongations, 722 pages), le Paris-SG a toujours été fasciné par les étoiles, et pas seulement en maillot et short. Quelques exemples: Jean-Paul Belmondo siégera au Conseil d’administration sous la présidence Hechter; Borelli refusera l’arrivée du grand Chris Waddle, prétendant que, celui-ci n’étant pas encore international, il n’y avait aucun intérêt à le faire revêtir le maillot parisien (Tapie saura en profiter…); Raï est recruté en tant que capitane de la Selecao brésilienne, future championne du monde, etc.

Paillettes

Continuité donc d’un certain point de vue, mais en même temps rupture à différents niveaux. Clairement, le fond d’investissement qatari peut transformer le PSG. Rien ne dit par exemple qu’il ne profitera pas du déménagement subi vers le Stade de France pendant les 2 prochaines saisons (le temps de la rénovation du Parc des Princes en vue de l’Euro 2016) pour s’installer définitivement au Stade de France, enceinte ultra-moderne capable de générer bien davantage de revenus que l’antre historique de la Porte de Saint-Cloud. Idem pour les supporters: il est fort peu probable que les nouveaux dirigeants autorisent la reconstitution des kops dans les tribunes. Trop risqué. Inutile surtout: ce qui compte, c’est moins l’ambiance que de vendre un maximum de billets – en particulier  à un public connaissant moins de difficultés à encaisser la hausse des tarifs qui ne manquera pas de suivre à moyen terme – et d’accroître sa notoriété dans les marchés asiatiques (pour les droits télés).

COACH ET COMPTE EN BANQUE

En virant Kombouaré, Nasser et Léonardo veulent signifier que sur le banc aussi on ramène des stars à Paris. Dans mon article du mois d’août cité plus haut, je considérais qu’au regard de l’histoire récente, deux chemins s’ouvraient devant Kombouaré:  être viré dans les 6 mois à l’image de Marc Hugues à « Manchester Emirati City », ou se révéler à l’échelle internationale, tel Arrigo Sacchi au Milan AC de Berlusconi. Par manque de chance, de talent et aussi faute d’avoir un président croyant en lui, AK va commencer l’année 2012 au Pôle Emploi. Bad news pour « Casque d’Or’ qui n’aura pourtant pas démérité en terminant champion d’automne (titre honorifique suffisamment exceptionnel pour que des amis parisiens accrochent la Une du Parisien dans leur salon…). On a parfois reproché à AK le manque de style de son équipe. Argument contestable: Ancelotti, son successeur annoncé, est-il synonyme de flamboyance? Pilier du Milan de Sacchi, inventeur de la tactique dite de « l’Arbre de Noël » (un 4-3-2-1, cf mon article ), Carlo est un fin tacticien, mais il est surtout connu pour s’adapter à ce qu’il a sous les mains. Un pragmatique donc, pas vraiment un pur esthète.

Le PSG sous le sapin de Noël de Carlo

Autre argument avancé ces derniers jours pour justifier le renvoi d’Antoine : son absence de notoriété, un obstacle dans le recrutement pharaonique de QSI. « Antoine qui? » disaient les mauvaises langues. Ils n’ont pas tout à fait tort mais un autre aspect doit être ajouté à mon sens.

Ici encore, c’est vers José Mourinho qu’il faut se tourner pour comprendre la mécanique en place. En arrivant au Real, The Special One  a exigé d’avoir un salaire supérieur à celui de ses joueurs. Pas pour s’acheter deux Mercedes de plus. Non, pour Mourinho qui exerce sur ses joueurs une influence psychologique hors du commun, il s’agissait de passer le message suivant, fondamental dans à l’ère du foot business: « Les gars, fermez là, je gagne plus que vous et par conséquent – l’argent étant le critère de différenciation entre les bons et les très bons – je suis meilleur que vous ». AK gagnait 100 000 euros par mois (on connaît pire certes…), Beckham recevra 8 fois plus. Tout est dit. Business is business.

La solution à la crise de l'euro

PS: Selon France Soir, Ancelotti percevrait 1 million d’euros par mois au PS. Plus que Beckham et autant que Mourinho. CQFD…

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Il ne fallait pas moins qu’un OM-PSG pour me sortir de ma torpeur et reprendre mon clavier de Coach. Indépendamment du score (3-0), pas franchement conforme à la réalité du match, un certain nombre d’éléments ont été particulièrement saisissants:

1) l’absence d’agressivité des Parisiens

On s’attendait à un énorme combat de chefs entre les deux paires Matuidi-Sissoko VS Mbia-Diarra, complétées par un second double duo pas plus tendre Sakho-Lugano » VS Diawara-N’koulou. Au final, les Parisiens ont été complètement dépassés par la « fureur de vaincre » des Marseillais. Kombouaré regrettait le manque de « grinta » de ces joueurs hier et reconnaissait que ceux-ci auraient pu s’inspirer de leurs adversaires, remontés comme des piles. Avec un joueur comme Lugano – un type qui se fait vouvoyer par ses partenaires de sélection! -, il aurait pu même parler de « garra charrua », ce style rugueux, agressif et combatif qui caractérise la Céleste. Un style s’avérant nécessaire face à l’équipe de Deschamps, dont on peut dire sans risque de se faire reprendre qu’il est au jeu physique ce que Wenger est au jeu léché.

Mais les joueurs d’AK n’ont pas tenu le choc hier. Des frères Ayew à Lucho (!!!), l’impact physique et l’agressivité étaient du côté olympien. Et la victoire par conséquent.

Pot-pourri de la presse du jour

2) Coup de barre

Pastore est fatigué, crevé, usé, épuisé, lassé. Il fait comprendre à son coach – chose absolument étonnante – qu’un petit tour par le banc ne lui déplairait pas (alors qu’on est habitué à voir des joueurs se plaindre d’être remplaçant et même d’être remplacés en cours de match. Cf. Gameiro hier soir). On a parfois l’impression que l’Argentin n’apprécie pas beaucoup qu’on ne prenne pas en compte qu’il est un artiste. Un artiste, pas un stakhanoviste de la chose footballistique.Et donc qu’il lui arrive d’avoir besoin de faire des pauses, pour retrouver l’inspiration. Parce qu’on a beau avoir du génie dans les doigts de pied, on ne peut rien faire à ce niveau sans une condition physique optimale.

Le souci, c’est que l’on n’entend pas tout à fait de cette manière du côté de QSI. A 42 millions, le retour sur investissement n’a pas de temps à perdre. Le message a été passé à Kombouaré de faire jouer rapidement « El Flaco » en début de saison. Résultat: 2 semaines et demi de préparation, un début de saison flamboyante et forcément désormais un gros coup de mou (que ses deux voyages récents en Amérique du Sud pour rejoindre la sélection ont renforcé).

Une stat’ résumait la situation hier: en première mi-temps, Sirigu a réussi davantage de passes (8) que Pastore (6). A trop vouloir afficher leur écrin pour séduire le Parc mais surtout les téléspectateurs italiens, quatariens, etc., les dirigeants parisiens prennent un risque.

"Je vais gerber"

 

3) Des duos qui ne font pas encore la paire

Un dernier mot sur cette équipe parisienne. Le mot « équipe » ne convient d’ailleurs pas très bien. Une équipe en quelques mots, ce sont des mecs devant qui sont prêts à toucher 15 ballons dans le match et à faire l’essuie-glace pour bloquer la relance adverse. Hier, avec Néné et Pastore, c’était portes ouvertes. Morel et Azpi, qui en avaient bien besoin, les en remercient. Une équipe, ce sont des lignes resserrées pour couper les transmissions. Faire bloc. Sur le terrain et en dehors. Au PSG, on en est encore loin.

 

 

Les quatre mousquetaires

 

Nasser et Léo

 

20 ans après Canal Plus, le Qatar investit le PSG pour en faire, à coups de transferts retentissants, un grand club européen. Pastore, Menez, Sissoko,les nouveaux Ginola, Weah et Raï?

 

1991, le Paris-SG intègre une nouvelle galaxie. Canal+ entre dans la danse et veut faire de l’hôte du Parc des Princes un grand de France. Lui faire passer un cap. L’installer définitivement au sommet hexagonal, au côté de l’OM de Bernard Tapie, bien content de trouver un adversaire à sa taille. Demain la France, après-demain l’Europe.
2011. 20 ans après la chaine cryptée, la Qatar Sport Investments (QSO) s’offre un club dont les supporters se réveillent tous les matins ou presque en apprenant qu’une « star » a décidé de porter le maillot bleu et rouge pour les saisons à venir. Pastore, Menez, Matuidi, Sissokho, demain peut-être Berbatov. Finis les Kezman, Baning et autre Sammy Traoré. Un conte de fée, un retour en enfance inespéré. Et le tout ambiancé par Mister Leo qui incarne, par son style et son histoire, un peu de la gloire passée du PSG made in Canal. Une gloire que le cheikh Tamim al Thani, relayé par celui qu’on appelle déjà dans la capitale « Nasser » entendent bien ressusciter au rythme des pétrodollars. Aujourd’hui la France, demain l’Europe.

Portraits croisés de ces deux « nouveaux PSG », si proches en apparence, si éloignés en fait.

 

Smart power

Première convergence, la corrélation PSG-médias. L’achat du club parisien, en 1991 et en 2011, se réalise dans un contexte global d’acquisition des droits télévisuels du championnat français. La principale motivation de Canal + au début des années 90 est de promouvoir son produit phare, avec le cinéma : les matchs de football. Dès lors, quoi de mieux pour maintenir un spectacle de qualité en Division 1 que de faire main basse sur le club de la capitale ? En relevant la tête du champion 86 pour en faire à moyen terme un candidat crédible au titre, Canal vise le coup à deux bandes : 1) Insuffler un vent de compétition dans un championnat ultra-dominé par Marseille depuis 1989 ; 2) Et surtout, sur le plan économique, accroître le nombre d’abonnés de la chaîne payante. CQFD.

 

Aujourd’hui, la QSI acquiert le club au moment même où elle devient pour la première fois diffuseur de certains matchs de L1 et détenteur des droits à l’étranger. Mais si la stratégie d’André Rousselet et de Pierre Lescure, les deux boss du PSG des 90’s, était clairement focalisée sur le développement de leur chaine (au point qu’ils refuseront le titre de Champion de France en 93, que la Ligue avait retiré aux Tapie’s Boys suite à l’affaire VA-OM, de peur de perdre des abonnés dans le Sud…), les Qataris n’ont qu’une idée en tête : s’assurer une légitimité dans le monde sportif et développer par ce biais l’image du pays à l’étranger. Après la télévision (Al Jazeera, Al Jazeera Children, Al Jazeera Sport), le sport – et plus particulièrement celui le plus populaire sur la planète – participe en effet de la politique de smart power des princes de Doha. Le PSG, Malaga, les droits télés, et bien sûr la Coupe du Monde 2022 en apothéose : autant d’éléments d’un puzzle construit intelligemment à coup de centaines de millions. En 2011 comme en 1991, le PSG n’est donc qu’un moyen mis au service d’une ambition plus large. Ca décevra peut-être les romantiques et autres lecteurs de Kant ; ça contentera tous les autres, surtout si la victoire est au rendez-vous.

 

Qatar 2022

 

 

Chirac, Berlusconi, Sarkozy

 

Deuxième convergence, le soubassement politique de la vente. Il y a vingt ans, la Mairie de Paris avait joué un rôle non négligeable dans la reprise du PSG par Canal +. L’édile de la Ville, un certain Jacques Chirac, avait alors confié à Pierre Lescure privilégier une « solution franco-française ». Après avoir écarté dans les années 1980 une proposition saoudienne, la mairie craignait par dessus tout l’arrivée d’un riche magnat (des médias déjà!) qui venait de réussir une entrée très remarquée dans le monde du football : Silvio Berlusconi, patron du grand Milan de Sacchi. « Sua Emittenza » lorgnait en effet sur le club de la capitale, une perspective néfaste pour un Chirac soucieux de garder la main sur le PSG, dont il n’appréciait par ailleurs pas franchement les exubérances sous l’ère Borelli.   Mais l’important demeurait de maintenir le pouvoir suffisamment éloigné de « Silvio », alors perçu comme proche de Mitterrand depuis la création de la « Cinq ».

 

Dès 2006, Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur puis Président de la République,  a constitué l’un des premiers soutiens de la cause qatarie ? Nul autre que l’émir Hamad al-Thani ne présentait un profil plus avantageux pour succéder au très économe Colony Capital. Et puis l’émir est un ami, un partenaire stratégique dans la région et surtout un client privilégié de l’industrie française. Pour le premier supporter du PSG, Apoula, Jean-Eudes and Co, ça va un moment. Stranger is now good. Cheikh is beautiful. Peut-être que de savoir le cheikh est un grand fan des Rossoneri réconfortera l’homme au bronzage permanent…

 

"Alors ça c'est pour chaque titulaire..."

Colleter VS Pastore

Dernière convergence enfin, le recrutement. Les stars, le PSG n’a jamais cessé d’en rêver, cherchant par tous les moyens à les attirer, avec plus ou moins de succès : Djorkaeff (père), Platini (raté de peu avant son départ pour la Juve), Susic, etc. A leur arrivée en 1991, les dirigeants de Canal + s’activent également pour renforcer considérablement leur équipe : Pardo, Germain, Fournier (les trois échangés contre Angloma qui débarque alors à Marseille), Lama, Colleter, Le Guen. La vraie star du mercato parisien s’appelle Ricardo, capitaine du Benfica arraché pour 30 millions de francs. Pas mal, mais très loin des Mozer, Francescoli, Waddle et autre Beckenbauer (sur le banc) que Tapie installe sur la Canebière. Paris visera l’année d’après Jurgen Klinsmann avant de se rabattre sur l’attaquant libérien de Monaco, Georges Weah. De très bons joueurs de Division 1, mais pas l’ombre d’un membre du gratin footballistique mondial. A moins de voir en Géraldao, sombre défenseur du FC Porto en surcharge pondérale constante, l’ancêtre de Pepe… Il faudra attendre deux ans pour que le club de la capitale accueille une véritable star, Raï, frère du lumineux Socrates et capitaine du Brésil, bientôt champion du monde.

La comparaison des recrues respectives apparaît ainsi comme le critère le plus satisfaisant pour identifier le saut qualitatif permis par l’arrivée d’un nouveau repreneur. Quand Canal s’offrait de (très) bons joueurs de D1 ou des espoirs talentueux, la QSI frappe bien plus fort aujourd’hui en recrutant le futur gardien de la sélection italienne (Sirigu), le titulaire en puissance du couloir droit des Bleus de Laurent Blanc (Menez) et surtout la pépite argentine Javier Pastore à qui les plus grands clubs faisait la cour. Pastore à Paris, c’est le Ballon d’or 87 Gullit à Milan, Luis Figo au Real en 2000, Crespo à Chelsea en 2003, Robinho à Man City en 2008, soit autant de joueurs qui viennent signifier au monde entier que le club boxe désormais dans une autre catégorie. Les poids lourds.

Un dernier paradoxe demeure néanmoins, peut-être pas pour très longtemps d’ailleurs : l’arrivée d’un riche investisseur s’accompagne très souvent de celle d’un entraîneur de standing, bardée de titres ou à tout le moins très recherché pour ses compétences et son « aura » sur les stars. Sur le banc du PSG 91, on retrouvait un homme à moustache – accompagné d’un adjoint à moustache Denis Troch -, vainqueur de la Coupe des Champions 1987 avec Porto : Arthur Jorge, déjà connu en France pour une première expérience au Matra Racing de Lagardère. La crème de la crème. De son côté, Antoine Kombouaré, malgré ses qualités, semble loin de pouvoir intégrer aujourd’hui le top 20 des coachs européens. Alors, quel destin pour « Casque d’or » ? Celui de Mark Hugues à Manchester City, viré après 4 mois au profit de Roberto Mancini ? Ou celui d’Arrigo Sacchi, jeune entraîneur de 40 ans à Parme lorsqu’il est choisi à la surprise générale par Berlusconi en 1987 et qui finira par révolutionner le football en hissant le Milan AC sur les cimes continentales ?

 

Pour le plaisir…

Real 58, Ajax 72, Bayern 74, Milan 89…et Barça 2011: il faut, peut-être, n’avoir comme seule ressource la chaîne ESPN Classic (diffuseur de « matchs de légende ») pour prendre véritablement la mesure de la chance qui est la nôtre de passer nos samedis soirs devant le Barcelone de Guardiola.

S’il est clair que les Blaugrana forment la meilleure équipe de ces 20 dernières années, certains experts commencent aujourd’hui à placer cette équipe sur le podium du siècle, voire même tout en haut de l’Olympe footballistique. Certes, manque-t-il peut-être au Barça une certaine puissance physique (rien à dire en revanche de leur condition physique, exceptionnelle) sur laquelle s’appuyaient pas exemple deux équipes auxquelles on compare souvent le Barça, à savoir l’Ajax de Cruyff et les Pays-Bas de l’Euro 88 (avec le fameux quatuor Rijkaard-Koeman-Gullit-Van Basten) – toutes deux entraînées par le géant Rinus Michels. Rien de tel dans ce Barça 2011, à l’exception peut-être de Puyol (seulement 1,79m!) et d’Abidal.

Pays-Bas 88

On a pu également regretter – de manière très minoritaire toutefois – le manque de variété dans le jeu proposé par les joueurs de Guardiola. Attaque placée, attaque placée, attaque placée. Rien d’autre. Il y a quelques mois encore, on vantait même la multiplicité des « cartes de jeu » du Real Madrid de Mourinho (attaque placée, contre-attaque, jeu en profondeur, débordement puis centre, etc.). Ok, c’est vrai: mais qui a pu résister aux combinaisons « attendues » du Barça? Le Real? 5-0, tu parles d’une résistance!

En fait, seule l’Inter de 2010, avec l’aide miraculeuse du volcan islandais (qui obligea les Barcelonais à faire un voyage très long de nuit en bus) et surtout Chelsea en 2009 (1/2 finales perdue à la 93e minute sur un but providentiel d’Iniesta). Moralité: tout le monde connaît -toujours identique- suivi par le manège barcelonais mais personne ne parvient à l’arrêter! Sur un rythme fou, magnétique, le Barça sidère ses adversaires. « Tic, Tic, Tac, tic: cette musique lancinante dont Xavi avait témoigné dans une interview mémorable paru l’hiver dernier dans l’Equipe (et qui vient d’ailleurs de recevoir le prix de la meilleure interview sportive de l’année). Tic, Tic, Tac, Tic, etc.

Métronome

 

Transition parfaite pour parler justement de « Tac-tic »! A mon sens, le match s’est joué sur la prestation de 3 joueurs: Rooney, Xavi et Messi.
Comme le soulignait la veille du match le brillant Jonathan Wilson, le joueur probablement le plus important dans la mécanique blaugrana est…Busquets. Busquets? Yes papiche! Busquet, catalan pur sucre (né à Sabadell), brise en effet les tentatives d’incursions adverses tout en imposant le tempo dans le jeu. Mi-destructeur, mi-maestro, il constitue la pierre angulaire du jeu barcelonais (à cet égard, la comparaison de Wilson avec le Makélélé de Chelsea est tout à fait pertinente). So, « Fergie » avait tout intérêt à congeler cette rampe de lancement, et le meilleur pour assurer ce rôle était sans aucun doute Wayne Rooney. Neuf et demi en perpétuel mouvement, le Kid d’Everton avait la charge délicate de canaliser Busquets et de l’empêcher d’amorcer le jeu barcelonais. Et Wayne a réussi. Auteur d’un but magnifique, symbole à la fois d’un grand talent et d’une abnégation sans pareil, il a grandement limité le champs d’activité de Busquets (73 passes réussies, contre 100 en moyenne cette saison en Ligue des Champions).

Makélélé 2011

Le seul hic est que, sir Sir Alex Ferguson est un bon tacticien, Guardiola n’est pas mal dans son genre lui aussi. Si Busquets n’y arrive pas…c’est Xavi et dans une mondre mesure Iniesta qui devront s’y coller en jouant un peu plus. Xavi réussit ainsi la bagatelle de 124 (124!!!!) passes réussies, bien au-delà de sa moyenne annuelle de 106 (98 contre 84 pour Iniesta). Xavi aura ainsi réalisé une partie absolument E-BLOU-ISSAN-TE. Il faut revoir encore et encore cet amour de passe pour Pedro sur le 1e but et la manière dont il attend que Vidic fasse un demi pas vers l’avant, vers le ballon, pour lancer à la seconde même son attaquant en profondeur. C’est beau à en pleurer.

Enfin, un mot sur Messi. Il a littéralement écoeuré ses adversaires. Pendant la première partie du match, cela n’eut pas de conséquences en termes de scores. Mais à partir du moment où Giggs et Park lui laissèrent quelques mètres sans marquage serrée, le match était plié. On le voit très bien sur le but (1’55 à 1’58 sur la vidéo): Giggs est un peu décalé à gauche, observe Messi en se replaçant. Trop tard. Une, deux, trois foulées, frappe, but. Classique: si le petit carré séparant le milieu de l’attaque barcelonaise n’est pas totalement contrôlé par l’équipe adverse, il y a 9 chances sur 10 que les lutins barcelonais trouvent la clé vers le but. Ajoutons que voir  Messi réaliser autant de prouesses sans se prendre pour le centre du monde (cf. Cristiano Ronaldo) est tout à son honneur. Mais quel joueur! Quel joueur!

Une dernière réflexion pour conclure: peut-être que ce Barça nous fait d’autant plus vibrer qu’il réalise, aujourd’hui, à l’ère de l’ultra-individualisme, une symphonie basée sur une idée presque révolutionnaire pour l’époque: l’individu doit se mettre au service du collectif. Candidat pour 2012?

On a déjà beaucoup écrit sur les nouveaux maillots Nike de l’Equipe de France, le « polo » bleu et le « Yean-Paul Gautier » (cf notamment ici). Aujourd’hui, je vous renvoie vers un excellent article paru il y a quelques semaines sur le site du Monde.fr. Son auteur, Pauline Gauquié, maître de conférence au Celsa, propose une analyse originale et intéressante du choix d’un maillot style marinière pour les rencontres à l’extérieur de l’EDF. Je résume la thèse: les rayures, associées historiquement au péché et aux exclus sociaux, expriment le péché – et par conséquent la volonté de rédemption – de cette nouvelle équipe de France, encore marquée par la faute de Knysna. Avec des références au Lévitique, à l’historien des couleurs Michel Pastureau ou encore à Coco Chanel, cette réflexion démontre une nouvelle fois que les vêtements ne sont pas simplement une histoire de mode…Vous pouvez lire cet article en cliquant ici. Bonne lecture!

Jean-Paul Gauthier par Karl Lagerfeld

Le football en salle, ou « futsal », commence à être considéré en France comme un élément important dans la formation des jeunes footballeurs. Une leçon donnée par le Brésil et l’Espagne, maîtres du football technique.

Futsal sur le toit d'une tour au Japon

Ce blog a d’abord été le « blog de l’urban du lundi », celui sur lequel on venait découvrir sa note (celle du dernier match ne va pas tarder à tomber…), avec un mélange d’excitation et de peur. Vous l’avez déjà probablement remarqué, se développe une véritable mode de l’urban, du foot en salle en France, et plus particulièrement en Ile-de-France. En témoigne la difficulté à trouver un créneau à une heure décente pour jouer avec ses potes ou ses collègues de bureau. Heureusement, nous, on connaît Yonni…

Un récent article du Monde.fr, signé par Benjamin Pruniaux, analyse les ressorts de cette tendance, à laquelle s’intéressent désormais les responsables du football professionnel.  On a vu cette saison émerger en Ligue 1 un joueur talentueux, Youssef El-Arabi (à Caen), dont les seuls exploits avaient été jusqu’ici recensés en futsal. Il semble que les ponts entre foot pro et futsal aillent plus loin à l’avenir. Laurent Blanc considère en effet que les centres de formation français privilégient trop la dimension athlétique, rejetant sur le bas côté des jeunes prodiges au physique un peu frêle. Pensons à Messi, Iniesta ou Xavi, mais aussi à un joueur comme Valbuena: formé aux Girondins de Bordeaux, il en avait été écarté au bout d’un an, en raison de sa petite taille (1,63 m). Ce n’est ensuite que grâce à ses performances en CFA 2 à Langon-Castets, puis à Libourne Saint-Seurin (en National) que « Petit Vélo » put rejoindre l’OM.

Dès son arrivée à la tête des Bleus, Blanc avait fait part de ce qu’il voyait comme un dysfonctionnement de la formation « à la française »: la primauté accordée à la dimension athlétique plutôt qu’au brio technique. Rien d’étonnant quand on se souvient du profil du « Président », ancien meneur de jeu transformé en libéro. Sa conviction est aussi simple que limpide: le football est d’abord un jeu de ballon avant d’être un sport de courses et de muscles. Sans bien évidemment négliger ce dernier aspect dans la préparation des joueurs, les qualités techniques et l’intelligence de jeu devraient être considérées comme des éléments déterminants dans la sélection des futures élites du foot. Bon plan pour « Lolo » donc.

L’un des aspects les plus intéressants de cet article porte sur le regard porté par les techniciens de la DTN sur le jeu espagnol. On sait que plusieurs joueurs brésiliens de grand calibre comme Robinho, Ronaldinho ou encore le parisien Néné ont fait leurs armes sur les terrains de futsal.

Mais le jeu proposé par le Barça puis l’Espagne depuis plusieurs années démontre que les Brésiliens ne sont plus les seuls à louer les qualités formatrices du futsal. Les combinaisons développées par Xavi, Messi, Iniesta et consorts ressemblent à s’y méprendre à celles entrevues souvent sur les (bons) terrains de futsal du monde entier. Echanges rapides à une touche, jeu en triangle, écartement du jeu puis centre en retrait: un soir, peut-être, Rubens méritera sérieusement le surnom de Xavi de Créteil…

 

Good morning!

Bien sûr, tout lecteur du « Coach » qui se respecte passe ses samedis soirs devant « Jour de Foot » présenté par le (trop) gentil Messaoud Benterki. Rien d’extraordinaire, le présentateur tout de noir vêtu affichant un air plutôt sympathique, en dépit d’une certaine mollesse. Mais depuis hier, l’actualité footballistique du Saturday night se joue aussi ailleurs à la télé. Sur la Une. Avec « Danse avec les stars ». Et David Ginola évidemment. Pour son retour en France, l’ancien porte-drapeau du PSG (version Denisot) et de de l’Oreal a choisi la danse et Sandrine Quetier. Bizarre mais bon pourquoi pas…

Si George Weah savait ça...

Qu’en dire? Eh bien « Il Magnifico » est loin d’être génial sur la piste (la vidéo est ici). L’ancien joueur de Newcastle s’est un peu empâté et a semblé clairement « lourd » dans ses mouvements. Ses changements de rythme font moins la différence que jadis sur la pelouse de White Hart Lane (Tottenham), et question élégance, l’ancien beau gosse du Parc des Princes s’est fait volé la vedette par le présentateur Cerutti. Le temps qui passe me direz-vous… Mais il demeure un domaine où « David » est resté le même: la confiance en soi. Toujours un poil arrogant, vouant un culte à sa propre image, David s’aime et espérait que le public français, pour son retour, s’offre à lui en le plaçant en tête du podium. Résultat: Jean-Marie Bigard et Marthe Mercadier (82 ans au compteur) ont fini devant lui. Il n’a dû son salut qu’à un dernier défi contre le pauvre Dédé Manoukian, dans un style très « John Wayne », les jambes écartées.

David s’en relèvera la semaine prochaine. David n’est pas mort. David is Great!