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Il est 20 heures. Pour l’occasion, il a demandé à sa femme (ou mère) de lui préparer un petit plat copieux mais léger, histoire de ne pas connaître de désagrément en voiture.
Il sort alors de table, embrasse son enfant, puis sa femme. Le temps du départ est arrivé. La mort dans l’âme, il prend son sac de sport, ouvre le frigo pour saisir une bouteille d’eau. De l’eau, il va en avoir bien besoin. Des litres et des litres.

Ce soir, il rejoue. Il sait qu’il va souffrir. Vomir peut-être. Ce qui est sûr, c’est qu’il risque d’être ridicule.

La New Team du Coach
Rubens (6+2 pour la voiture): bon ok, ce type a toujours un problème de look sur un terrain. Un jour il se ramène avec un pull jaune digne des Muscles; le lendemain, c’est les baskets qui posent problème. Hier tout allait mieux …si ce n’est ses lunettes. Rubens, faut que tu comprennes: on joue au foot là, pas au poker.
Pour le reste, on sent qu’il lui reste quelques souvenirs de Jaap Stam. Un beau retour.

Benjamin (5,5): le panta-court aurait du nous alerter. C’est peut-être la mode dans certains quartiers de NYC, mais le Five c’est à Créteil pas dans le Marais. Un moment donne, faut sévir…
Malgré quelques parades de classe, « l’homme à la serviette » a pris quelques buts casquette qui lui vaudront un passage dans Telefoot dimanche prochain. En attaque, c’est différent: par amitié, il a voulu rendre honneur à Barouh. Résultat: 2 buts marqués en 2 heures. C’est un ratio qu’aurait apprécié Dugachy…Au fait, il faudra un jour expliquer la phrase « Les gars, c’est là… », réitérée 43 fois hier.

LeCoach (5,5): si on considère que le gars peut plus courir plus de 15 secondes, peut plus faire de longues ouvertures, dribble arrêté en hommage au « croqueur de femme bulgare » (vous savez très bien de qui je parle. Ne prononcez surtout pas son nom…), ne sait toujours pas faire ses lacets correctement, il lui reste quoi? La lecture du jeu peut-être. Ça peut encore suffit mais va falloir songer à une reconversion

Giovanni (7+1): encore en rodage hier. Toujours aussi puissant et accrocheur, il a manqué parfois le brin de réussite qu’on lui connaît. Reste un élément indispensable de la New Team.
+1 pour son but qui m’a rappelé ce génie de Davor Suker (Rubens, propose une petite vidéo!)

Yves (5): personne n’a pris l’avertissement au sérieux. Pourtant, ses mots étaient limpides: à la fin du match, je vais avoir besoin d’un défibrillateur. Épuisé par les tentatives ratées, on a un moment pensé qu’il allait monté au 2ème Etage pour e jeter. Et puis, alors que plus personne ne l’attendait, Yvon a retrouvé la réussite. Tout est possible dans le football…

La Mupett de Mark « Dédé » Landers
Jeremy (7): le meilleur homme sur le terrain. Infatigable avaleur d’espaces, il a sans cesse proposé des solutions, se montrant souvent décisif. Le défenseur attitré à sa surveillance (qui aurait dû être expulsé une bonne demi-douzaine de fois) ne s’est pas ennuyé et lui donne rdv la semaine prochaine…

John (5): Johnny a privilégié les ballades à Central Park à la préparation physique. Résultat: une 1e mi-temps difficile avant de proposer des choses plus intéressantes, avec sobriété. Mais bon, là n’est pas essentiel. La vraie question est plus grave: ou as-tu fini par dormir cette nuit? Ah les femmes…

André (6,5): le capitaine de la Mupett craignait beaucoup cette reprise, pour diverses raisons. Convaincu par les paroles pénétrantes du Coach -qui sait parler à ses joueurs – il a proposé une belle partie. Une participation plus importante au jeu offensif de son équipe aurait probablement permis à celle-ci de l’emporter. Au fait, tu m’as pas raconté la Française des Jeux…

Mickael (10): oui 10, y’a un problème? Ma petite sœur Leslie est ma petite princesse. Donc comme dirait Jean-Marc Généreux « Mickael, C’était magnifique! ».
PS: Mickael, va falloir que « tu muscles ton jeu »; je vais te passer le téléphone d’un certain Robert dit « l’homme à la chenille » qui t’expliquera…

Laurent (6,5): Lolo, c’est la classe internationale. Le type arrive en avance, a la coupe de Tony&Guy et a un sacre pied gauche qui me fait penser à Laurent Robert. En voilant qui a assuré sa sélection pour le prochain match.
Ce qui n’est pas le cas de tout le monde…

4-2 contre le Sporting Portugal, 4-0 contre Malines, le Paris-Saint-Germain commence fort sa saison 2010-2011. Déjà huit buts au compteur pour une équipe qui n’en avait planté que 50 l’année dernière: est-ce un présage du renouveau du PSG? Pas si sûr. Si les arrivées de Bodmer et Néné peuvent être légitimement considérées comme de bonnes nouvelles, l’effectif actuel ne semble pas être en mesure de pouvoir concurrencer Bordeaux, Lille, et encore moins Marseille ou Lyon. Et quand on parle du club de la capitale, finir en deçà de la cinquième place équivaut à une saison en demi-teinte.

Des incertitudes demeurent:

1) Y-a-t-il un gardien pour sauver la capitale?

Coupet revient d’une grave blessure et passe chez le coiffeur de plus en plus régulièrement pour cacher ses cheveux blancs…. Ce n’est pas rédhibitoire pour un gardien (cf. le mythique Dino Zoff, champion du monde 82 à 40 ans) mais être vieux ne constitue pas forcément une qualité pour un gardien (cf. David James, 39 ans et des prestations mémorables lors de la dernière Coupe du Monde…). Quant à Edel, la vidéo ci-dessous en dira bien plus que n’importe lequel des argumentaires.

2) Une défense mi-figue mi-raisin

Entre espoirs talentueux mais manquant de maturité (Sakho) et joueurs aguerris mais usés (Armand, Ceara, S. Traoré, Z. Camara), le PSG ne peut compter sur une défense rassurante. A moins que Kombouaré ne se décide à refaire le « coup de Madrid » en renfilant le maillot, Paris devra s’offrir un défenseur de qualité pour boucher les trous et faire « grandir » Sakho. Pourquoi pas Boumsong, en délicatesse à Lyon?

Ne le regardez jamais dans les yeux!

3) L’aile ou la cuisse?

Dernier souci pour l’ancien coach de Valenciennes, la gestion des ailes au milieu de terrain. Les sélections les plus performantes du Mondial sud-africain s’appuyaient sur des joueurs de couloir talentueux (Podolski et Müller, Iniesta et Villa (pendant quelques matchs), Robben). A Paris, Sessegnon a déjà préparé sa valise et Guily sa couverture pour l’hiver sur les bancs de touche. L’option Jallet, pas inintéressante, semble toutefois un peu limitée. Paris doit trouver un ou deux joueurs capables d’étirer les défenses adverses sur la largeur, de fixer pour pénétrer au centre, de centrer pour trouver la tête de Hoarau ou le pied d’Erding. Pour Robben, ça risque d’être un peu difficile. Alain Roche peut pas nous trouver un petit brésilien sorti de nulle part?

Conclusion

Battre Malines c’est bien, battre l’OM (Trophée des champions) puis Saint-Etienne pour la 1e journée de Ligue 1, ça serait mieux.

Brésil: pays d’Amérique du Sud synonyme de spectacle et de samba. Devise: joga bonito (jouer un beau football). Présidents successifs: Pelé, Garrincha, Tostao, Rivelino, Socrates, Zico, Ronaldo, Ronaldinho. Capitales: feintes de corps, dribbles, accélérations.

A l’aune de ces quelques repères, la Selecao de Dunga peut sembler, à première vue, plus proche de l’Europe que du continent sud-américain. C’est pourtant réduire le foot brésilien aux pubs Nike et aux compilations disponibles sur Youtube. Au pays de Pelé et de Vampeta (pardon chers supporters du PSG), l’approche du football en compétition internationale n’est plus tout à fait la même depuis qu’un certain Luis Fernandez s’est mis à courir dans le stade de Guadalaraja, après avoir marqué le tir au but qui renvoyait la Selecao de Zico (le « Pelé blanc ») à la maison. C’est peut-être une certaine idée du football comme spectacle total qui est un peu mort ce jour-là par la faute d’un futur animateur de RMC…

Les sélections brésiliennes de 82 et 86 ont été deux merveilleuses équipes à voir jouer. Mais comme nous l’ont souvent fait remarquer nos chères mamans , « la beauté c’est bien, mon fils, mais ça ne fait pas tout ». Pourtant si brillantes, la Selecao  est sortie par deux reprises assez tôt dans la compétition (deuxième tour en 1982, quarts de finale en 1986).  Des résultats très décevants quand on porte le maillot jaune et vert.

Ces deux traumatismes ont eu pour effet de modifier sensiblement la teneur du football proposé par les successives sélections brésiliennes. L’abandon du « football samba » ne fut certes ni abrupt ni définitif. Par à coup, les joueurs de la Selecao réaffirmèrent aux yeux du monde tout le potentiel créatif, artistique même, d’un sport qui rime toujours avec spectacles sur les plages de Copacabana. Mais bien qu’on y joue aussi avec des shorts, le stade n’a plus rien d’une plage pour les Brésiliens. La compétition appelle certes à bien jouer, mais à condition de gagner. Faut pas déconner, on n’est pas des Hollandais!!! Mieux vaut désormais un bon 1-0 bien moche qu’un 3-4 magnifique qui se termine par des larmes et des quolibets à l’aéroport de Brasilia… Rigueur défensive et impact physique: telles allaient devenir les deux nouvelles forces du Brasil. Un choc culturel pour beaucoup de supporters…

3 dates marquent ce nouveau chemin emprunté par les Brésiliens pour remonter sur le toit du monde: 1990, 1994 et 2010. 3 dates donc et un homme: Carlos Caetano Bledorn Verri. Caetano quoi? Bon, ok, Dunga pour les intimes. L’homme aux cheveux en brosse devient le nouveau visage du Brésil, besogneux, rugueux, dégueu… Cible de virulentes critiques dans son pays, Dunga apparaît comme le symbole de la déroute de la Selecao en 90, éliminée en huitièmes de finale (0-1 contre l’Argentine championne du monde en titre, avec l’expulsion du capitaine et futur Parisien Ricardo).

(Dunga, cheveux longs, cherchant à casser la cheville de Maradona à partir de 0’20)

Mais le Brésil ne changera pas. Et  c’est portée par ces mêmes principes – que Dunga a notamment eu le temps de perfectionner dans le temple de la rigueur défensive qu’est l’Italie (Fiorentina), que son équipe remporte la Coupe du Monde 1994. Certes, la sélection brésilienne compte alors dans ses rangs des artistes comme Romario. Mais ce n’est que l’arbre qui cache la foret: la Selecao, emmenée par Captain Dunga, est un monstre froid capable d’éclairs de génie, juste ce qu’il faut pour marquer un but et fermer la boutique.

Au cours de changement d’identité, de cette nouvelle prévalence accordée au « futbal de resultados » sur le « futball d’arte », tout ne fut pas bien sûr linéaire. Le Brésil 2006 fut à cet égard le meilleur exemple récent d’un retour d’une certaine conception brésilienne d’un football chatoyant et offensif. Au final, le Brésil est éliminé par…la France, toujours la même, avec cette fois-ci aux manettes Zidane et aux platines Luis (« Luis attaque »).

Aujourd’hui, les dernières prestations de l’équipe de Dunga (désormais sélectionneur, mais toujours autant décrié au pays) font d’elles le principal favori de la Coupe du Monde. Fruit du mariage de l’organisation défensive des Italiens et du flair génial carioca, la Selecao 2010 semble quasiment imprenable. Défendant systématiquement à 7, elle étouffe son adversaire et place des attaques fulgurantes où la virtuosité de ces attaquants (Robinho, Kaka, Luis Fabiano) font merveille. Le Chili, belle surprise de ce Mondial africain avec son jeu de passes élaboré, est tombé dans le piège. Très offensive dans les vingt premières minutes, la Rioja s’est vue administrer une vraie leçon de réalisme. 3-0, c’est dur et en même temps amplement mérité. Les joueurs de Bielsa se sont laissés aspirés et ont payé cash les « sorties à découvert » de leurs défenseurs (notamment Jara) qui, en essayant d’apporter le surplus numérique sur les offensives (les Chiliens attaquaient à 6 contre 7 Brésiliens en situation de défense), ont créé des espaces. Et qui dit espaces dit Robinho…

Buts du Brésil en 3D

L’affiche des quarts de finale Brésil-Pays-Bas promet donc d’être mémorable. Un choc entre deux sélections dont le beau jeu constitue l’ADN historique mais qui ne veulent plus désormais perdre sous les applaudissements du public…

Le spectacle d’hier nous a fait mal. Bien sûr, on n’attendait plus grand chose de cette équipe qui aura sombré corps et âme dans cette Coupe du Monde, naufrage inégalé  dans l’histoire des grandes nations de football (Brésil, Allemagne, Argentine, Italie, etc.). La composition d’équipe avait réussi à éveiller en nous quelques espoirs d’un sursaut venu des tripes, espoirs que l’on savait en même temps vains. Avec Squilacci, Diarra, Cissé, Gignac dans le 11, on ne tenait pas une brochette de Brésiliens à l’horizon, plutôt des joueurs connus pour leur mental solide et leur abnégation sur un terrain. Et au regard de la véritable dépression qui a frappé la maison bleue ces derniers jours, un tel choix ne semblait pas illogique.

Cela n’a pas suffi. Les Bleus ont encore perdu, à la suite d’une performance anémique, sans souffle, sans jambes, sans rien… Les 25 minutes qui ont séparé le premier but sud-africain (Khumalo, 20′) de la mi-temps ont semblé durer des heures pour les Bleus. 1-0, expulsion de Gourcuff (25′), 2e but sud-africain (Mphela, 37e), sauvetage de Lloris (41′): l’équipe de France s’est noyée, dans des eaux si profondes qu’on pensa que la France quitterait la Coupe du monde 2010 sur une terrible humiliation. Depuis notre écran, on a vu ces joueurs complètement paralysés par l’incroyable scénario dont, après avoir été les acteurs, ils  devenaient les victimes impuissantes. Le deuxième but caractérise bien ce qui a manqué hier pendant cette première mi-temps, terrible: le porteur du ballon a systématiquement devant lui deux mètres au moins avant de croiser un adversaire français. Tout le temps de lever la tête, d’éliminer, de centrer, de marquer. Pas de pressing, pas de marquage, pas d’impact physique. Les Bleus ont lâché prise hier devant les caméras du monde entier.

L’Equipe titrait ce matin sur « La fin d’un monde ». « La fin du siècle » aurait fait aussi un bon titre. La fin du siècle? Oui, celui qui se poursuivait depuis notre double victoire 1998-2000. La France du foot vit depuis cette date sur un nuage, celui de la supériorité de sa sélection. Champions du monde, nous avons été, champions du monde nous resterons, même sans gagner de titres… Et la finale de 2006? Oui justement la « finale » de 2006, pas le titre!!! 2002, 2004, 2008, 2010, quatre dates (Coupes du monde, Euros) qui nous appellent à l’humilité. En 2002, un nul, deux défaites: ONE POINT. Comme  à l’Eurovision… En 2004, la France est sortie en quarts par la Grèce, future championne d’Europe, mais qu’on peut difficilement considérer comme une grande équipe. 2008: un nul, deux défaites: ONE POINT. Comme toujours à l’Eurovision. 2010: ONE POINT. Conclusion: la France n’est plus une grande équipe.

Nous vivons précisément ce qu’a vécu la génération post-Platini. Deux fois demi-finaliste de la Coupe du Monde (1982 et 1986), championne d’Europe (1984), la France a eu beaucoup de mal à poursuivre son ascension, désormais délestée de « Platoche », « Gigi », « Luis » et consorts. Résultats? Pas qualifiés pour l’Euro 88 et la Coupe du Monde 1990, les Bleus sont sortis au premier tour de l’Euro 92. Avant que Kostadinov n’empêche Papin et Cantona de déboucher les bouteilles de champagnes qui les attendaient dans les vestiaires pour fêter une qualification pour la « Word Cup 94 » qui n’arrivera jamais. Il faudra tout le travail et la patience d’Aimé Jacquet et de son staff pour que les Bleus réapprennent à gagner.

France 82

Déjà Liza...

A Laurent Blanc maintenant d’analyser la déroute, d’en tirer les bonnes conclusions, de permettre aux talents de s’exprimer (à commencer par Yoann Gourcuff). Lourde tâche que d’être vu comme un Sauveur…

Quelques uns ont pleuré (à commencer par notre cher Aimé), beaucoup ont gueulé (RMC mon amour), et la grande majorité a répété qu’elle le savait… Oui, la France est bientôt éliminée et risque en plus de finir avec autant de point que la Nouvelle Zélande. Dans la légende.

« Victory has a thousand fathers; defeat is an orphan ». JFK. Bon, pour ceux qui ont perdu l’adresse de leur prof d’anglais, je traduis: « La victoire a cent pères; la défaite est orpheline ». Domenech doit se sentir bien seul depuis hier soir (et puis Estelle est loin, bloquée entre Luce et Alain Manoukian…). Toute la France est contre lui. La sagesse talmudique dit que lorsqu’un homme est condamné par l’ensemble des jurés, le verdict n’est pas valable. Pourquoi? Eh bien parce qu’une certaine représentation de la situation a aveuglé l’assemblée. Domenech a merdé, c’est clair. Domenech aurait dû être viré depuis 2008, pas de doute. Mais est-il le seul coupable? Sauf à considérer que Raymond a désormais une petite barbe, les cheveux rasés et porte le numéro 21, non…

Je voudrais mettre en avant 3 points qui m’apparaissent centraux dans l’analyse de cette déchéance:

1) Entre arrogance et indolence

Les Français se sont vus trop forts, trop hauts, trop vite. Rappelez-vous du mois de décembre, avec son froid polaire et son Ballon de plomb attribué à Mateja Kezman. Lorsque Charlize Theron, toute de rouge vêtue (la couleur du sang de la vindicte populaire?), tire comme adversaires de la France au 1e tour l’Uruguay, le Mexique et l’Afrique du Sud, tout le monde s’est mis à imaginer le scénario suivant:

« Bon on finit premier, facile. Ca nous permet d’éviter l’Argentine en 8e finale et d’affronter l’Angleterre en 1/4. Oh la la! France-Angleterre! La revanche de l’Euro 2004, mais cette fois-ci sans Zidane. L’affrontement Ribéry VS Rooney, comme dans la pub Nike! Etc… »

En clair, l’Uruguay est une équipe de catcheurs depuis leur dernier succès en 1950. Certes Forlan est pas mal, mais bon, c’est pas non plus Drogba. Quant au Mexique…Le Mexique? Non rien, rien à dire sur le Mexique. Ah si, y a toujours le type qui fait le truc du crapaud (Blanco)? Sympa les Mexicains, les tapas, les tapas…Les rares doutes émis concernaient l’Af Sud qui, en tant que pays organisateur, pouvait nous poser des problèmes. Résultat: 0-0 contre l’Uruguay, 2-0 contre le Mexique et un mince espoir de mettre 4-0 aux Bafanas Bafanas pour espérer se qualifier. Bon, faut réserver les billets retours…

Au vu de la prestation de certains joueurs, on se dit que ce départ par la petite porte ne manquera pas aux amateurs de football. Comment peut-on imaginer qu’un joueur ne court pas pendant un match de Coupe du monde alors que son équipe risque l’élimination? Si un footballeur professionnel s’ennuie alors que le monde l’envie, quand pourra-t-il s’épanouir? Dans un match de Coupe de la Ligue???

Dans quelle autre équipe a-t-on vu aussi peu de solidarité? Me revient à l’esprit ce magnifique propos de Mickael Landreau, il y a quelques semaines dans Libération. Voilà ce qu’il dit de son ancien coéquipier à Nantes, l’Argentin Nestor Fabbri:

Il avait ce… ce truc, cet esprit de sacrifice qui vous poussait à faire le maximum pour effacer une erreur éventuelle de sa part. C’est le foot : si je ne prends pas ce but-là, j’efface l’erreur du défenseur. Le collectif qui protège l’individu à une époque où tout le monde se protège en rejetant la faute sur le voisin.

Nestor

Revoyez  les deux buts mexicains. Abidal se plante deux fois mais observez bien ce qui se passe autour de lui. Moi je n’ai vu que des ambulances (Gallas puis Evra) s’arrêter pour contempler le crash…Pas étonnant dès lors qu’un joueur comme Gourcuff, symbole d’un football différent, soit resté sur le banc. Il n’avait pas sa place dans une telle équipe.

2)Insuffisances tactiques

Le débat sur le 4-3-3 et le 4-2-3-1 a fini par me lasser. D’une part, parce qu’il est vain, la plupart des coachs s’accordant pour dire que l’alignement tactique compte moins que l’animation. D’autre part, en raison de l’incroyable capacité des commentateurs à détruire ce qu’ils se sont efforcés de bâtir la veille, et inversement. Combien de fois a-t-on entendu des « spécialistes » comme Christophe Dugarry ou Bixente Lizarazu proclamer, sur tous les plateaux radio et télé, que l’avenir était au 4-3-3? Quelques semaines plus tard, on entend les mêmes expliquer tout aussi doctement que le 4-3-3 est une mauvaise option et que cette équipe doit jouer en 4-2-3-1…

Juste un mot sur Domenech. Voilà ce que disait Gourcuff après le premier match contre l’Uruguay (cité par Libération):

« On s’attendait à un gros pressing. Mais les Sud-Américains nous ont attendus. On n’était pas forcément préparé à ça ».

Traduction: Domenech s’est planté.

Qu’a-t-on vu hier en défense? Deux défenseurs axiaux jouaient très haut (cf. cette animation très parlante), en dépit, d’une part, de la lenteur de l’un d’entre eux (Gallas) et, d’autre part, de la rapidité supersonique des attaquants mexicains. Encaisser deux buts de la sorte n’est pas à cette aune tout à fait illogique.
Conclusion 2: Domenech n’a plus (pas) d’idée sur le plan tactique et ne mérite plus sa place. Bon, en même temps, ça fait quelque temps qu’on s’en doutait un peu…

3) Une mauvaise préparation des corps?

Enfin, dernier  élément à prendre en considération dans cet échec, la préparation physique. Il y a deux jours, l’Equipe publiait un petit papier tout à fait instructif sur les méthodes de Robert Duverne. On y apprenait notamment que le programme avait consacré une large place à l’aérobie, soit le travail permettant aux organismes de répéter les efforts dans le temps. Voilà ce que déclare Eric Blahic, préparateur physique de Guingamp (Remember Sthéphane Carnot) et proche de Duverne:

« C’est la façon de travailler de Robert. (…) Il a d’abord insisté beaucoup sur l’aérobie lors de la préparation, afin que l’équipe soit en pleine possession de ses moyens lors du deuxième tour. C’était déjà le cas en 2006″.

Déjà la tête au tour suivant. Est-ce blâmable? Pas forcément. De manière générale, une grande nation (comme est censée l’être la France) doit au moins viser une place en quart. Il lui faut donc économiser ses forces contre les équipes « faibles » pour mieux se préserver. Mais il n’est pas certain que ce choix ait été la meilleure option pour cette France 2010 où les présumés titulaires étaient des joueurs soit usés (Gallas, Henry, Govou) soit en manque de confiance (Ribéry, Gourcuff). Tous ont semblé n’être pas en mesure de répondre physiquement présents au rendez-vous du premier tour. Tous ont semblé manqué de souffle. Et d’inspiration.

Aujourd’hui, 18 juin 2010, jour de l’appel. A un sauveur. Le général Blanc?