Victoire

La Penta!!! 5 victoires!!! OK, le Brésil, lui,  parle de Penta pour ses 5 titres de champion du monde, alors que nous nous contentons, pour l’instant, de victoires obtenues en partie en amical. Mais en l’emportant 1-0 sur la Selecao mercredi soir, les Bleus poursuivent toutefois leur bonne dynamique avec cinq victoires consécutives, dont deux contre des upper selections. Ok, l’Angleterre jouait en novembre avec des jeunots (dont certains sont néanmoins achetés 40 millions d’euros, soit le même tarif que David Villa…) et le Brésil du Stade de France ressemblait davantage à une sélection de second rang qu’à la fantastique équipe qui avait écrasé les Pays-Bas lors de la première mi-temps du quart de finale de la dernière Coupe du Monde. Mais la culture de la gagne revient en EDF. Et c’est une bonne nouvelle. Pas la peine non plus de sortir votre tee-shirt Adidas made in 98, « La victoire est en nous »…

Les fils d’Aimé Jacquet

Il était intéressant de lire hier dans l’Equipe les deux interviews accordés par Laurent Blanc et Didier Deschamps. Les deux symboles de l’ère Jacquet. Dans leur bouche, revenaient les mêmes mots: la victoire est importante. Et DD sait de quoi il parle avec un OM qui peine à battre à domicile Arles-Avignon, assuré d’être relégué depuis le mois de septembre…C’est peut-être le plus important legs laissé par la sélection de 98: « la victoire est en nous ». Finie la prééminence du beau jeu sur la victoire. Si les Bleus de 82 parvenaient à mêler amour du beau jeu, du football spectacle, et soif de victoire, il est difficile de nier qu’ils vouaient un « culte » plus fort au premier qu’au second (je vous invite d’ailleurs à lire le très beau livre de Pierre-Louis Basse sur « le » match, France-Allemagne 82). Avec Jacquet, Deschamps, Blanc, Desailly and Co, la France a intégré ce culte de la victoire si chère aux Italiens (et qu’ont appris dans le Calcio ces mêmes jours français dans les années 90). Il m’arrive parfois de regretter la philosophie de jeu propre aux gars d’Hidalgo (heureusement il y a ESPN…), de regretter que la France ait abandonné sa « tradition » footballistique -enfin, tradition récente; en 66 et 78 c’était moins cool à voir -mais c’était peut-être le prix à payer pour une étoile. Peut-être aussi que Laurent Blanc est  le plus à même de redonner un peu de 82 dans 2014. On en est loin pour l’instant. L’essentiel, lorsqu’on est amené à bâtir une nouvelle équipe, en pratiquant une certaine de tabula rasa, est d’engager des victoires, même contre des petites équipes. Gagner pour se rassurer. Gagner pour travailler avec davantage de tranquillité. Gagner pour perfectionner les détails dans une ambiance apaisée. La manière viendra (peut-être) ensuite.

Un tombeur

La 1e mi-temps a clairement montré que cette équipe était encore très perfectible. Si la défense a rassuré, le milieu a souffert du pressing haut des Brésiliens, dont ils n’ont pu se défaire que lorsque la Selecao, réduite à 10, n’a joué qu’avec un attaquant (Pato), avec un Robinho replacé en milieu gauche. Les Bleus ont ainsi été incapables d’aligner trois passes consécutives pendant une bonne partie des 45 premières minutes, ce qui est hautement problématique quand on sait que Blanc souhaite voir ses équipes (à Bordeaux et avec l’EDF aujourd’hui) multiplier les passes courtes et écarter le jeu pour écarter les lignes adverses. L’incapacité à ressortir le ballon proprement, à remonter le terrain et créer du jeu, a pu inquiéter. Ce fut bien meilleur en seconde mi-temps, avec des latéraux un peu plus entreprenants (cf. infra), des redoublements de passe et des allers-retour gauche-droite dont l’objectif était d’étirer et d’épuiser l’équipe adverse, comptant un joueur de moins. Le plan de Blanc a donc parfaitement fonctionné.

Le choix du 4-2-3-1, que Blanc affectionnait lors des matchs de Ligue des Champions avec Bordeaux, sera probablement reconduit face à d’autres équipes du top 10 tenant bien la balle et dangereux offensivement. Ca n’avait pas été le cas contre l’Angleterre (4-3-3) mais on le reverra sûrement. Dans un tel système avec deux milieux défensifs, il serait probablement préférable d’avoir un des deux milieux partageant le profil de Pat’ Vieira, capable de perforer le premier rideau adverse et d’accompagner les offensives. A Rennes, M’Vila, très doué, joue avec un milieu à 3 et il est possible que Blanc tente, pour les prochains 4-2-3-1, d’associer Diarra (indétronable capitaine) à Diaby (sosie officielle de Vieira) ou Lassana Diarra, à condition que celui-ci retrouve une place de titulaire au Real ou (probablement) ailleurs.

DEFENSIVEMENT: LA SOIREE DE BAYROU

Sur le plan défensif, l’axe central a montré des choses très intéressantes alors que les deux flancs se sont montrés plus décevants. Mexes a clairement émergé comme le grand patron de la défense, avec autorité et classe. Celui que l’on annonce depuis ses 15 ans comme le futur Laurent Blanc est peut-être en train de saisir la perche que lui tend le destin. Facile techniquement, incisif dans ses interventions, il a fait forte impression (ce qui lui a même valu d’être élu « homme du match »). Il faudra certes le juger sur la durée, mais la paire Mexes-Rami semble déjà constituer l’une des premières réussites de l’ère Blanc.

Une belle paire

Concernant les latéraux, on reste encore sur notre faim. Sur le plan purement défensif, pas grand chose à dire mais que ce fût pauvre offensivement! Sagna a une qualité de centre proche de celle d’un moins de 13, et Abidal, bien meilleur sur ce plan, a pris peu de risques – peut-être une consigne du coach. En tous les cas, c’est un secteur à travailler tant la vision du jeu de Laurent Blanc fait appel à une grande activité sur les côtés (cf. Barcelone). N’est pas Dani Alves qui veut…

OFFENSIVEMENT: ET SI GOURCUFF JOUAIT PLUS BAS?

Au vu du match et des propres prestations en club, Nasri, absent mercredi, mérite d’être titulaire dans cette équipe. A la place de Gourcuff? A mon sens, ce n’est pas l’option vers laquelle se tournera Laurent Blanc. Très attaché à ses anciens joueurs bordelais, Blanc en a fait quasiment des incontournables dans cette nouvelle équipe de France: Diarra capitaine, et Gourcuff n°10 malgré des prestations décevantes à Lyon. Une des options possibles serait que Blanc installe Gourcuff un peu plus bas, comme le troisième joueur du milieu d’un 4-3-2-1. Aux côtés de Diarra et M’Vila ou Diaby. Il toucherait beaucoup plus de ballons, aurait le jeu face à lui, mais serait néanmoins moins proche de la zone décisive. On peut aussi imaginer que, dans la même configuration que mercredi, Gourcuff et Nasri puissent être associés avec un Gunner assumant davantage l’animation offensive. L’aspect mental n’est pas à négliger: Nasri est beaucoup plus fort mentalement que le Lyonnais et pourrait probablement assumer plus facilement le rôle de « leader ». En tout cas, Gourcuff, auteur d’un match assez satisfaisant, peut légitimement avoir confiance pour la suite de sa carrière chez les Bleus.

A deux, c'est mieux

Quant à Benzema, un beau match, un but décisif, malgré plusieurs occasions ratées. Le Madrilène revient, c’est clair, et s’installe comme le buteur de cette équipe. C’est un élément très important pour le sélectionneur. Un extraordinaire gardien, un axe défensif sûr, un buteur efficace: « Lolo le bâtisseur » poursuit son oeuvre.

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