« 15/20. Elève sérieux et appliqué ». Il y a fort à parier que le livret scolaire du petit Laurent Robert Blanc contenait souvent cette formule dont usent nos amis profs pour gagner du temps avant les conseils de classe. Au vu de ses premiers mois comme sélectionneur et à la veille de l’important France-Roumanie, il semble bien que l’Arlésien n’ait pas beaucoup changé. Le « Président » a les idées claires et un beau projet en tête: refaire gagner l’Equipe de France, refaire aimer l’Equipe de France. La recette: travail, travail, travail.

 

La classe à l’italienne

S’imposer comme le patron

Il se dit du côté de Clairefontaine que Lolo Blanc a l’oreille de ses joueurs, un peu impressionnés par la carrière et l’aura de l’ancien capitaine de Marseille. Bien aidé par les Sudistes Jean-Louis Gasset et Alain Boghossian, plus bavards que Mankowski ou Martini et surtout Domenech (qui ne parlait plus à ses joueurs), Blanc a déjà réussi à apporter un peu de joie dans la maison bleue. Mais Blanc n’est pas là pour amuser la galerie.  Opération de charme certes, mais reprise en main surtout. Une main de fer dans un gant de velours. François Fillon à la sauce football.

Après la débâcle sud-africaine, « année 0  » du football français, plus personne n’est choquée outre-mesure par l’exigence du respect de certains principes et par les mises au point. A la limite, on en redemanderait. Retour à l’ordre dans la société, retour à l’ordre sur le terrain, c’est la hype du moment. Diarra et Benzema arrivent avec 4 heures de retard? Fallait pas tester l’autorité du boss: « on va s’en occuper » assure Blanc. En clair, ça va morfler… L’attaquant du Real semble d’ailleurs être dans la ligne de mire du sélectionneur qui croit beaucoup en lui mais lui reproche son manque d’efforts et sa nonchalance. Comme un certain Mourinho. Lolo et José se connaissent bien d’ailleurs (Mourinho était l’adjoint de Bobby Robson au Barça lorsque Blanc y jouait), discutent régulièrement du cas Karim et partagent les mêmes vues. T’es cerné Benz’!. Ajoutée à cela la surcharge pondérale récente de l’ancien Lyonnais, et vous comprendrez pourquoi Benzema joue la saison la plus importante de sa jeune carrière.

 

 

Sans commentaire...

 

L’amour du beau tacle

L’heure est donc à la reconstruction et les chantiers ne manquent pas. En défense pour commencer: Blanc a beaucoup appris de la culture footballistique italienne lors de son passage à Naples (1991-1992) puis à l’Inter (1999-2001). Il sait qu’aucune équipe ne peut espérer être compétitive sans une défense performante. Pour l’ancien pilier – avec « the Rock » Desailly –  de l’axe centrale d’Aimé Jacquet, la leçon n’a pas été oubliée. Il sait également que toute charnière centrale, aussi compétente théoriquement soit-elle, aura besoin de temps pour s’adapter, pour apprendre à se connaître. Aujourd’hui, Mexès et Rami ont les faveurs du sélectionneur, peut-être en sera-t-il autrement plus tard. Mais en football comme en amour, une relation a besoin de temps pour se renforcer (c’était mon passage « Poetic Lover »).

Vidéo sur son arrivée en Italie (avec une formidable surprise au début de la séquence…)

En équipe de France (1994)

 

 

Et dire que Courbis pensait qu'il était cramée...

 

Mais la longue carrière (20 ans comme pro quand même, de 1983 à 2003- et retraite à près de 38 ans) ne se résume pas à l’Italie du catenaccio. Blanc a porté le maillot de clubs réputés pour leur amour du beau jeu et de l’offensive (Barcelone, Manchester United). Lui, l’ancien milieu offensif repositionné libéro à Montpellier, a toujours affiché une classe folle sur le terrain. Esthète aux tacles glissés, artiste du contrôle et de la relance depuis sa défense. L’anti-Zoumana Camara. Devenu entraîneur puis entraîneur, il cherche toujours à gagner ET à convaincre. A régaler mais sans excès. Sérieusement.

Vidéo à Montpellier

 

Jeu veux gagner

Cela le mènera-t-il à titulariser face à la Roumanie deux meneurs de jeu, Nasri et Gourcuff (dans un système en 4-4-3 ou en 4-2-3-1 avec Nasri derrière Benzema)? Possible. Ce qui est certain, c’est qu’il a été demandé aux joueurs d’être plus patients dans leur construction et dans leur remontée du ballon. D’écarter le jeu et de jouer à terre. Le journal « L’Equipe » rapportait d’ailleurs hier une anecdote intéressante: lors des entraînements, Blanc répète souvent « ballon en air, ballon perdu » (je cite cela de mémoire). Comme l’a dit un jour l’Anglais Glen Hoddle, « La balle est comme un diamant; tu ne t’en débarrasses pas, tu l’offres ».

 

 

 

 

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